D’habitude Dieudonné ne présente pas de première partie. Comment as-tu réussi à lui faire changer d’avis?
C’est vrai. Depuis le lycée, ma façon d’approcher mes idoles n’a pas changé. Je leur demande des interviews filmées. À 16 ans, j’ai eu Jamel Debbouze. L’année suivante, Gad Elmaleh. Huit ans après, j’ai eu l’occasion d’approcher Dieudonné.

J’ai assisté à son spectacle au DIX30, sur la Rive-Sud. Sur place, j’ai réussi à rencontrer l’artiste. Il m’a promis une interview. Il fallait arranger le rendez-vous avec son directeur de tournée. Un homme bizarre. Il travaillait avec Dieudonné, pourtant, il ne supportait pas les Arabes. Il m’a mené en bateau. La veille du départ de Dieudonné, il m’a annoncé l’annulation de mon entretien. J’étais frustré.

Le lendemain, je me suis levé très tôt et me suis dit: «Fini l’honnêteté, vive le canular!». J’ai appelé l’impresario et me suis fait passer pour un journaliste de Télé-Québec. Avec un accent pure laine, je lui ai balancé: «Bonjour, je m’appelle Dany Tremblay et j’aimerais faire une entrevue avec Dieudonné pour vraiment présenter son contenu actuel au Québec!» Surpris, il m’a invité à rejoindre Dieudo dans un restaurant sur Saint-Denis. Et j’ai eu mon interview.

Le lendemain, il y a eu l’affaire du baptême de la fille de Dieudonné par Jean-Marie Le Pen. Ma vidéo a fait un buzz sur le net. Par la suite, à Paris, lors d’une deuxième rencontre, j’ai proposé à Dieudonné d’assurer sa première partie s’il était de passage à Montréal. Il a accepté sans hésitation. J’ai été honoré.

Quelle est l’origine de votre nom d’artiste, Uncle Fofi?
Avec mes premiers amis montréalais, on se faisait appeler par des pseudonymes. Par exemple, Sofiane devenait Sofi et Fares, Fofi. On s’amusait aussi à accoler un «tonton» au surnom, comme «Tonton Fofi». Par la suite, on a anglicisé une partie de nos pseudonymes. «Uncle» a remplacé «Tonton». D’où mon nom d’artiste «Uncle Fofi». Je suis le fruit de mes amitiés. Mon inspiration sur scène, ce sont mes rencontres avec les gens.

Comment le Couscous Comedy Show a-t-il émergé?
En 2009, j’habitais à Côte-des-Neiges avec l’un de mes meilleurs amis. Finissants des HEC, on s’essayait dans de petites affaires. J’achetais des trucs sur Kijiji pour les revendre. Un jour, j’ai eu l’idée de cuisiner du couscous, de le congeler et de le livrer à domicile. On s’est acheté deux congélateurs et on a créé un groupe sur Facebook nommé FaceBouff. On a fait le buzz avec des commandes mensuelles de 300 Fofi-couscous!

On a réalisé Couscousizzle, notre première musique promotionnelle.

Le morceau a trôné un mois dans la page web de David Gutnick, à CBC. Il a choisi notre musique pour son documentaire sur le couscous.

Deux mois après notre lancement, on a voulu accroître notre affaire. J’ai eu l’idée d’organiser chez moi un Cabaret Couscous. Dans le grand salon de mon ancien appartement, on recevait des clients qui participaient à des séances de dégustation gratuite de couscous fait maison, le tout, en découvrant des numéros d’artistes. Une ambiance décontractée qui incitait les convives à commander plus de Fofi-couscous!

Dès qu’on a commencé à attirer une centaine de spectateurs, on a cherché une salle plus grande pour développer notre idée. Je me suis entendu avec des connaissances, les propriétaires du bar les Bobards, sur Saint-Laurent, à Montréal. C’est là qu’a eu lieu notre premier Couscous Comedy Show, le 13 avril 2009.

Combien d’éditions avez-vous produites?
À partir de notre 100e édition au Juste pour rire de l’an 2011, on a cessé de compter. Depuis, on organise au minimum un spectacle par mois. On a probablement dépassé les 140 rendez-vous où l’humour, le cirque, la danse, la musique et différents genres d’expressions artistiques côtoient la dégustation de Fofi-couscous.

L’année dernière, dans le cadre d’un reportage au Téléjournal de Radio-Canada, vous avez déclaré ne pas savoir où vous mènerait la barque du CCS. Est-ce toujours le cas?
Le CCS est le spectacle de ma vie. C’est mon bébé qui va grandir avec moi jusqu’à ma mort, même si je me lance dans d’autres directions. Je peux l’arrêter pendant 10 ans, puis le reprendre. Une bouffe, ça rassemble et ça rend les gens heureux.

Quand vous payez 45$ pour aller voir le show d’un humoriste et qu’il ne vous fait pas marrer, vous êtes perdants. Avec le CCS, si un numéro ne vous plaît pas, vous pourrez vous rattraper avec le suivant. Ma philosophie dans la vie est de faire rire les gens, et si le spectacle ne les porte pas au ciel, ils auront au moins bien mangé.

Quels sont vos projets d’avenir?
J’achève en ce moment l’écriture d’un nouveau one-man-show. Simultanément, je mène des négociations avec Radio-Canada pour transmettre l’ambiance du Couscous Comedy Show à l’écran. On a déjà tourné le pilote au Métropolis. J’envisage aussi d’exporter le CCS ailleurs au Canada.

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