YouTube Joumana Haddad

Longtemps considérée comme la terre de l’éternel immobilisme, l’Arabie s’est extirpée de sa léthargie pour surprendre le reste de la planète. L’exception arabe est un leurre. Son coma de façade cachait un volcan en ébullition.

Dans l’imaginaire de l’Occident, être Arabe signifie être antidémocratique et contre la modernité et les libertés individuelles! Pourtant, ce monde arabe regorge d’esprits libres, révoltés et démocrates. Ils sont pour le moment minoritaires, mais si cette fois le reste du monde observe une neutralité positive envers les événements qui secouent l’Arabie, ils pourraient faire basculer leur pays dans la modernité!

Le Liban nous offre un aperçu de cette bataille des valeurs et Joumana Haddad incarne cette frange de militants qui la mènent. Athée consommée, poète, journaliste et militante pour les droits de la femme, elle vient de publier un ouvrage au titre révélateur : «Superman est Arabe»! Dans ce livre sous-titré «De Dieu, du mariage, des machos et autres désastreuses inventions», l’auteure libanaise s’attaque au machisme arabe.

Joumana Haddad mène son combat sur plusieurs fronts. Elle est aussi responsable des pages culturelles du quotidien libanais An Nahar, rédactrice en chef de Jasad, une revue en langue arabe spécialisée dans la littérature et les arts du corps, et enseignante à l’université libano-américaine de Beyrouth.

Déjà, il y a trois ans, la poète et journaliste Joumana Haddad a tué Shéhérazade qui a contribué à persuader les femmes arabes que «pour réussir dans la vie, il faut satisfaire l’homme», a-t-elle confié récemment au magazine Jeune Afrique. À 42 ans, l’auteure libanaise s’attaque à un autre héros mythique, Superman.

Dans sa dernière réponse d’une interview à découvrir sur le site de Jeune Afrique, l’écrivaine libanaise a résumé les grandes lignes de sa mission de vie et de ses souhaits pour changer le monde arabe. Joumana Haddad aspire à ce que la société arabe soit composée «des anti-Shéhérazade et des Clark Kent! affirme-t-elle à Laurent de Saint Périer de Jeune Afrique. Des femmes qui ne sont plus dans la négociation et le compromis, mais qui sont convaincues de leur force, qui croient en elles et considèrent que les droits des femmes leur sont dus et qu’ils ne sont pas l’objet d’une indulgence ou d’une prière exaucée. Et des hommes qui se sentent le droit de montrer leur côté faible et ne sont pas mal dans leur peau parce qu’ils se sentent vulnérables. Je plaide pour un nouveau type d’hommes, qui acceptent leur nature humaine et mettent un terme à cette illusion d’être des super-héros.» Tout un programme!

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