Le 14 mai dernier, je compilais ma revue de presse quotidienne quand le titre «Malik Bendjelloul, le réalisateur de «Sugar Man», s’est suicidé» a suscité ma curiosité. Le nom à connotation arabe m’a attiré, pour dire la vérité.

J’ai aussitôt creusé mes recherches sur internet pour tomber sur une foule d’articles. Ce réalisateur d’origine algérienne est le lauréat de l’Oscar du meilleur film documentaire en 2013.

La Suède entière, le pays de naissance de Malik, était en deuil. Ma curiosité a alors monté d’un cran. Là-bas, dans sa jeunesse, Malik Bendjelloul était une figure connue du petit écran, avant de devenir journaliste. Et j’ai peaufiné mes recherches.

Un jour, Malik Bendjelloul a fini par tout quitter pour un tour du monde. C’est au Cap, en Afrique du Sud, qu’il découvre le culte de Sixto Rodriguez et décide d’éclaircir son mystère.

Pour faire court, le synopsis de ce documentaire est une histoire en or. Au début des années 1970, un inconnu du nom de Sixto Rodriguez enregistre deux albums sur un label de Motown.

Cold Fact et Coming from Reality ont été un échec commercial. On raconte que Sixto se serait suicidé sur scène et le mystère plane autour de son existence. Plus personne n’entendit parler de Rodriguez, sauf en Afrique du Sud. Là-bas, ses disques devinrent un symbole de la lutte contre l’Apartheid.

Avec toute cette information glanée dans les titres européens, le week-end d’après, je me suis débrouillé pour voir ce documentaire consacré au musicien de Detroit, Sixto Rodriguez.

Malik Bendjelloul était retourné aux sources du mythe. Il a retrouvé les premiers producteurs de Sixto aux États-Unis, puis il a suivi son récit en Afrique du Sud. Aidé par un disquaire et un journaliste, deux Sud-Africains admirateurs de Sixto, le cinéaste part donc à la recherche de Rodriguez. Ce qu’il découvre est une histoire sublime et magnifiquement habillée par une bande originale des meilleurs titres du Sugar Man.

Après le visionnement de ce bijou, je suis tombé à la renverse. On a beau connaître le synopsis de l’œuvre, le génie de Malik entraîne le spectateur dans un road movie à la fois hallucinant et hilarant d’humanité. Au fur et à mesure du déroulement du récit, le spectateur passe d’une surprise à l’autre.

Comme dit l’autre, les gens qui souffrent sont souvent des plus créatifs, voire des génies. C’est comme si la souffrance les nourrissait. Trente-six ans à peine… ce n’est pas un âge pour mourir. Repose en paix Malik!

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