Comme la plupart des Terriens, je me rappelle très bien mon emploi du temps du 11 septembre 2001 et mon quotidien des semaines, voire des mois, d’après.

Ce jour-là, j’étais attablé avec un ami à la terrasse d’un café au bord de l’océan Atlantique, à Casablanca. Mes souvenirs sont si clairs que je ressens la brise de la mer caressant mon visage et la senteur de la plage mêlée au goût de mon espresso!

Après l’annonce de la tragédie qui a foudroyé l’Amérique, je suis resté collé à mon téléviseur un mois durant. C’était mes vacances d’été cette année-là!

J’étais horrifié et je n’arrivais pas à croire que des êtres humains étaient capables d’une telle boucherie sur des civils innocents. Comme tout le monde, j’ai été attristé, mais pas comme les familles, les parents, les amis ou les connaissances des quelque trois mille victimes. Pour eux, c’était l’enfer sur terre.

Même marquée par l’horrible cauchemar qui a secoué l’Amérique ce mardi-là, toute personne non directement ravagée par la tragédie a vaqué à ses occupations habituelles les semaines suivants le drame. Les proches des victimes étaient, eux, marqués au fer rouge!

Dans la décennie d’après, il y a eu d’autres 11-septembre, mais ils étaient loin de chez nous, de nos yeux et de nos préoccupations quotidiennes. À part les journalistes, les membres des organisations humanitaires, les diplomates et les fonctionnaires onusiens, rares sont ceux qui ont été bouleversés par ces autres tragédies.

Rien qu’en Irak, l’injuste invasion américaine a engendré plus de cent mille victimes civiles innocentes. En termes de pertes humaines innocentes, c’est l’équivalent de 34 attaques du 11-septembre! En Syrie, la boucherie de Bachard al-Assad a décimé plus de deux cent mille personnes, soit 68 fois le carnage de l’attaque d’Al-Qaïda sur le sol américain. Qui se lamente? Tout le monde? Absolument pas.

Les familles des victimes du 11-septembre ont eu une coalition internationale menée de main de fer par les Américains pour punir Al-Qaïda et leurs hôtes les talibans! Ces familles ont commencé à faire leur deuil quand Ben Laden est tombé sous les balles des Forces spéciales de l’armée américaine.

Les proches des autres 11-septembre ont dû sombrer dans la folie de la guerre. Du jour au lendemain, monsieur et madame Tout-le-monde, des enseignants, des comptables des étudiants, des infirmiers, des médecins, des commerçants se sont improvisés soldats sans être préparés à vivre l’enfer. Ils n’ont eu que le soutien indéfectible des djihadistes pour crier vengeance!

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