Josie Desmarais/Métro Selon une récente étude du journal La Presse, les Montréalais ne manquent pas d’endroits pour assouvir leur appétit sexuel, car ils disposent de 260 salons de massage érotique, de 26 bars de danseuses et de 21 agences d’escortes.

Le débat sur la laïcité provoqué par le gouvernement de Pauline Marois a faussement mis la lutte contre les femmes voilées au centre de la cause féminine québécoise. Pourtant, le mal est ailleurs.

On n’a pas besoin d’un doctorat pour saisir le vrai fléau qui éclabousse les Québécoises. Faites un simple exercice d’observation de notre société et recensez dans votre entourage les femmes malmenées par leurs compagnons, leurs copains, leurs maris, leurs amants ou leurs ex.

J’ai fait cet exercice et j’ai été étonné de constater que la quasi-majorité de ces femmes ne sont pas liées à des adeptes de religions radicales. Leurs bourreaux sont majoritairement des laïcs, en apparence modernes, mais qui, en privé, s’avèrent des êtres torturés ou des machos invétérés.

Pire. Pourquoi les Québécoises n’occupent-elles qu’environ 15% des sièges des conseils d’administration des 50 plus grandes entreprises québécoises cotées en Bourse, et 26% de ceux des 50 plus grandes entreprises publiques? On est loin d’une parité représentative de notre société. Pourtant, depuis les années 1980, il y a autant de femmes que d’hommes dans les universités.

Faites un tour au centre-ville de Montréal et recensez les lieux de débauche où la traite des blanches a pignon sur rue dans une métropole devenue une plaque tournante du tourisme sexuel.

Selon une récente étude du journal La Presse, les Montréalais ne manquent pas d’endroits pour assouvir leur appétit sexuel, car ils disposent de 260 salons de massage érotique, de 26 bars de danseuses et de 21 agences d’escortes.

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) a relevé pas moins de 420 adresses offrant des services sexuels dans le Grand Montréal, dont 348 dans l’île elle-même. Et cette liste est incomplète.

Pourquoi de plus en plus de jeunes Québécoises sont-elles devenues des «portefeuilles» qui rapportent des milliers de dollars quotidiennement à leurs proxénètes? De plus en plus de gangs criminels délaissent la drogue pour se spécialiser dans la prostitution et le proxénétisme. Tout le crime organisé du Québec en tire un maximum de profits.

Pourquoi une Québécoise sur trois a-t-elle été victime d’au moins une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans? Pourquoi tant de Québécoises esclaves de l’industrie du sexe et de la traite des blanches? Pourquoi tant de machisme et de harcèlement envers les Québécoises?

Pour lutter contre ce fléau qui ravage notre société, la chasse à l’homme est vaine, et la stigmatisation de quelques centaines de femmes voilées est un leurre.

Il faut ouvrir un réel débat sur le statut de la femme dans notre société, sans parti pris idéologique ni politique. Il nous faut l’équivalent d’une instance Équité et réconciliation pour déconstruire cette culture machiste pour de bon!

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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