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Le samedi matin est toujours un moment de bonheur, car tu n’as pas tes bouts de chou à préparer à la hâte pour ne pas rater le début des classes.

Alors, au détour d’une gorgée de café au lait préparé avec amour et sans course, tu manipules avec gentillesse ta tablette pour ouvrir ton journal virtuel. À la sixième page, tu tombes sur un titre à te couper l’appétit et l’envie de t’informer.

Eh oui, là sous tes yeux tu as bien lu : «La GRC a découvert du matériel suspect chez l’un des cégépiens du collègue Maisonneuve arrêtés». Ta matinée paisible vient d’éclater en mille morceaux. Pas de répit, pas une semaine sans une autre affaire de jeunes candidats au djihad. Tu essaies de résister pour ne pas lire la nouvelle, mais tu ne peux pas!

Les journalistes Gabrielle Duchaine, Vincent Larouche et Daniel Renaud t’apprennent alors que la GRC a découvert du matériel qui aurait pu servir à fabriquer des explosifs ou des engins incendiaires chez l’un des deux étudiants du Collège Maisonneuve jetés préventivement en prison cette semaine.

Le visage du jeune Mahdi El Jamali te rappelle ta planète d’origine et ses jeunes avec qui tu as passé ton enfance à courir derrière le ballon rond, à faire les 400 coups, à draguer des filles et à fantasmer sur leurs histoires des nuits à non plus en finir.

Tu n’arrives pas à te détourner de ce visage familier et tu peines à comprendre le pourquoi du comment de cette descente aux enfers, cette radicalisation absurde et cette glorification de la mort et de la terreur. Désespéré, le goût de ton doux café devient amer et tu ne veux plus y toucher.

Deux mouvements d’index après, un titre t’extirpent de ton malheur. Oui, tu as bien lu : du djihad à la cabane à sucre. Par magie, Christiane Desjardins t’invite à dévorer d’une traite l’histoire d’Omar Bulphred, un apprenti djihadiste qui, en 2007, a mis le feu à une école hassidique d’Outremont et a tenté de faire exploser un centre communautaire juif. Aujourd’hui, il est redevenu un homme honnête qui travaille, qui a une blonde et qui vit paisiblement. Il a changé!

Tout à coup, ta tasse t’invite à replonger tes lèvres dans ton succulent café au lait. Eh oui, en deux titres, tu passes de l’accablement à l’espoir. Même au fond du gouffre, l’humain n’est pas acculé à broyer du noir. Tout est possible! Le djihadisme n’est pas une fatalité!

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