Le 3 mai, on célèbre la Journée internationale de la liberté de la presse. Si ailleurs on tue et on emprisonne des journalistes, dans les démocraties, la rigueur journalistique s’effrite sous la pression de l’argent et de la politique.

En 2014, Reporters sans frontières (RSF) a recensé 69 journalistes assassinés et 179 enlevés. Dans le monde, des journalistes sont ainsi piétinés pour des raisons politiques, économiques ou religieuses par des prédateurs qui honnissent la liberté de la presse, car elle révèle leurs abus.

Sous d’autres cieux, les journalistes d’une émission comme Enquête de Radio-Canada seraient terriblement en danger. Pour le comprendre, il faut avoir vécu dans ces pays où il n’y a de vérité que celle du régime en place avec des médias à sa botte.
Oui, au Québec, nous sommes bien loin de ces contrées, car il est impensable que quiconque attente à la vie ou la liberté d’un journaliste ou qu’un patron de presse s’immisce facilement dans le travail de ses salles de rédaction.

Cela dit, nous ne sommes pas un paradis de la liberté de la presse. Les pays qui se réclament de l’État de droit ne donnent pas l’exemple, affirme RSF, car la liberté de l’information cède trop souvent devant l’utilisation abusive de la sécurité nationale, par exemple. Justement, selon le classement mondial de la liberté de la presse de RSF, le Canada occupe le 18e rang, juste derrière la Jamaïque!

Demandez aux journalistes québécois qui veulent se prévaloir légalement de leur droit d’accès à l’information et vous allez être étonné de leur pessimisme. Pire, ici, des journalistes sont victimes d’intimidation, surtout dans le milieu municipal.

Demandez à n’importe quel rédacteur en chef d’un journal, d’un site web, d’une émission radio ou de télévision s’il se sent libre, et vous allez être confondus d’apprendre combien d’entre eux s’autocensurent ou redoutent d’offenser leurs annonceurs, et donc leurs patrons.

Ici, en 2015, il y a toujours des enjeux monétaires ou politiques, des lignes rouges ou des sujets tabous qui encouragent la prolifération des non-vérités et de l’information spectacle. Ce qui paie, ce n’est pas la réalité des choses, mais leur perception. Dans la foulée, étaler des faits et des chiffres n’intéresse presque personne. À ce rythme, le sensationnel va finir par avoir la peau de la rigueur!

Avec le temps, à cause de fantasmes identitaires ou idéologiques, au lieu d’être une arme magnifique contre les abus de tous les pouvoirs, la liberté de la presse se mue graduellement en une force de frappe propagandiste pour offenser volontairement les plus affligés de nos sociétés, notamment les pauvres et les minorités ethniques ou religieuses. Jusqu’à quand?

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