Le grand reporter américain Seymour Hersh a publié dernièrement un long article sur la mort controversée de Ben Laden où il traite le président américain Barack Obama de menteur.

Ce qui est étonnant, c’est qu’on a vite mis en doute la probité du reporter américain. Or, Seymour Hersh n’est pas né de la dernière pluie. Il est lauréat de plusieurs prix de prestige: un Pulitzer, cinq George Polk, deux prix National Magazine et plus d’une douzaine d’autres récompenses.

Concernant son dossier sur la traque et la liquidation de Ben Laden, Seymour Hersh dit s’est basé sur des sources bien placées de l’armée et du renseignement américain et pakistanais, notamment les forces spéciale  Navy Seals.

Seymour Hersh est catégorique, toute l’opération de l’élimination de Ben Laden est un énorme mensonge. La Maison-Blanche n’a pas mené cette traque seule sans prévenir ni avoir recours à l’aide des hauts gradés de l’armée et des services secrets pakistanais (ISI). Pire, depuis 2006, le chef d’Al-Qaïda aurait été assigné à résidence au Pakistan. Il aurait été prisonnier de l’ISI grâce à des fonds de l’Arabie saoudite.

Ce ne serait donc pas grâce à la découverte et à la filature d’un messager de Ben Laden, comme l’illustre Opération avant l’aube (Zero Dark Thirty), le film oscarisé de Kathryn Bigelow, que l’Administration Obama a éliminé son ennemi public numéro un. En gros, ce serait un ancien haut gradé du renseignement pakistanais qui aurait livré Ben Laden contre des millions de dollars américains.

Alors, qui croire? Je suis allergique aux théories du complot, mais force est d’admettre que les États-Unis ont un passé louche dans ce qu’on appelle dans le jargon de l’espionnage: les opérations noires.

Le financement des Contras (des opposants au régime sandiniste) par la CIA en est la preuve criante. Dans les années 1980, les Américains ont été jusqu’à envahir leur propre pays de drogue pour armer les Contras au Nicaragua! Et dans les années 2000, l’administration Bush a menti pour envahir l’Irak au prix fort.

Chez nos voisins du sud, quand un Américain essaye de faire éclater la vérité, il est souvent jeté en pâture à la vindicte populaire. C’était le cas du journaliste chevronné Gary Webb (Contras-CIA) et du diplomate américain Joseph Wilson et son épouse, l’agente de la CIA Valérie Palmer (guerre d’Irak).

En Amérique, à chaque gros scandale qui éclate, on discrédite souvent le messager. Est-ce le cas de Seymour Hersh? Bizarrement, au lieu de vérifier sa thèse, on pointe du doigt sa probité journalistique. Et même si ce n’est pas la vérité, le mal est fait, car on sème le doute dans la tête du public.

Le pouvoir a cette faculté de pervertir même les âmes les plus pures. Il les fascine avant de les rendre accros pour les engloutir avec avidité. Est-ce le cas aussi de Barack Obama? La vérité finira certainement par sortir un jour.

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