Yves Provencher/Métro Didier Drogba

L’arrivée de Didier Drogba à l’Impact de Montréal a égayé mon été et je suis sûr que ce fut le cas de ses milliers d’amateurs, qui admirent l’élégance de son jeu et la grandeur de son âme.

En général, les amateurs de foot tètent au sein l’amour d’un joueur, d’un club ou d’une sélection nationale. Avec le temps, ils goûtent à l’infidélité du footeux pour aimer d’autres joueurs. Ils s’ouvrent ainsi sur des horizons insoupçonnés pour adopter d’autres équipes.

Dans mon cas, mon club de toujours est le Raja de Casablanca, mon idole est son joueur des années 1970 et 1980, le maestro Dolmy, et la sélection nationale du Maroc est tatouée sur mon cœur.

Enfant, j’ai été aussi ébloui par Johan Cruyff, et donc, je suis devenu un adepte du Barça, de l’Ajax d’Amsterdam et de la sélection hollandaise. Avec l’éclosion de Maradona, j’ai renoué avec le club catalan et suis tombé sous le charme de Napoli et de l’équipe d’Argentine.

Au fil du temps, j’ai aimé plusieurs joueurs doués et adopté les équipes où ils évoluaient, comme Platini, Zidane, Breitner, Rossi, Belloumi, Milla, et la liste est très longue.

Pour vous dire, Didier Drogba a été un coup de foudre. Depuis une décennie, voir l’équipe ivoirienne voler sur le terrain est un pur plaisir. Ce joueur tout en finesse a ajouté à la dextérité africaine innée le raffinement du geste hollandais. Toutes proportions gardées, ces touches de balles rappellent l’aisance d’un Cruyff ou d’un Van Basten.

J’ai donc toujours été à l’affût des nouvelles de Drogba depuis son éclosion à l’Olympique de Marseille. Sans équivoque, il est l’un des meilleurs attaquants de pointe du foot moderne.

Cela dit, quand on découvre ce que cet homme a fait à son pays, on lui lève notre chapeau. Car pendant la crise politique qui a failli plonger son pays dans une guerre ethnique effroyable, Didier Drogba a joué un rôle politique important (http://www.slateafrique.com/2639/sport-cote-divoire-drogba-plus-qu-un-footballeur). Il a réussi à réconcilier le nord et le sud de la Côte d’Ivoire. Les images où on le voit à genoux devant la caméra implorer son peuple d’entamer une réconciliation font désormais partie de l’histoire (voir à ce sujet le documentaire Les Rebelles du foot, de Gilles Rof et Gilles Perez).

Quand en découvre aussi ce que Drogba le philanthrope fait pour les siens, on ne peut que l’admirer. Depuis plusieurs années, il verse l’argent récolté de ses commanditaires à sa fondation pour aider son peuple.

Ce n’est pas pour rien que Didier Drogba a fait partie des 100 personnalités du Time (http://content.time.com/time/specials/packages/article/0,28804,1984685_1984949_1985240,00.html) pour l’année 2010.

Avec Didier Drogba, l’Impact de Montréal a réussi un grand coup.

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