Vous, Québécois dit de «souche», vous, nouvel arrivant au Québec, avez-vous déjà essayé de vous mettre dans la peau l’un de l’autre?

Vous, Québécois dit de «souche», comment auriez-vous réagi si le destin vous avait forcé à plier bagage pour tout quitter et recommencer votre vie à zéro ailleurs?

Comment auriez-vous survécu à l’angoisse de déchirer votre cœur sur le perron de la maison de vos parents et de quitter la terre de vos aïeux ainsi que tous ceux que vous aimiez afin de partir vers l’inconnu?

Vous êtes-vous interrogé sur l’ampleur du stress lié au fait d’embarquer les vôtres dans la nouvelle installation dans une ville qui vous est étrangère et où il vous faut galérer pour trouver un loyer décent, une école ou une garderie pour vos bouts de chou?

Comment auriez-vous fait pour apprivoiser la quête d’un emploi qui réponde à vos aspirations alors que vos diplômes et votre expérience professionnelle passaient au tordeur?

Comment auriez-vous réagi aux regards inquisiteurs, voire hostiles, et au fait de voir les croyances, les us et coutumes des vôtres méprisés ou ridiculisés par des médias aux heures de grande écoute?

De grâce, ne me dites pas que l’immigration est un choix qu’il faut assumer avec ses conséquences, car il faut la vivre, cette expérience, pour goûter sa saveur amère quand elle tourne au vinaigre.

Et vous, nouvel arrivant au Québec, quelle aurait été votre réaction si, en ouvrant la porte de votre domicile à Casablanca, Bamako, Pékin, Mexico, Bucarest ou n’importe quelle autre métropole de notre planète, vous vous étiez retrouvé nez à nez avec des gens de différentes origines déambulant dans les rues, «prenant d’assaut» le transport en commun et partageant votre milieu de travail?

Comment auriez-vous fait face à une «foule» qui parle une centaine de langues, qui mange des plats dont l’odeur vous est étrangère et qui sacralisent des pratiques insolites?

Auriez-vous toléré facilement cette «foule» d’immigrants qui pratiquent des croyances étrangères aux vôtres et qui sont continuellement montrés du doigt par certains médias qui cherchent rarement à vous informer?

N’auriez-vous pas trouvé leurs mœurs étranges, bizarres ou cocasses? Ne seriez-vous pas allé jusqu’à les juger défavorablement, avec condescendance ou mépris? Auriez-vous subitement eu l’impression d’être une minorité chez vous, «envahie» par le reste du monde?

De grâce, ne me dites pas que c’est la société d’accueil qui vous a choisi et qu’elle doit tout faire pour vous installer, car, comme vous avez des droits, vous êtes tenu de respecter vos obligations.

Les préjugés se construisent avec notre socialisation à la maison, dans la rue, à l’école et au travail. Les médias de masse peuvent les asseoir pour vous amener à percevoir un groupe d’une façon très négative et, éventuellement, lui faire subir de la discrimination. Mettez-vous dans la peau de l’autre avant de le juger.

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