Jonathan Hayward / La Presse Canadienne Stephen Harper

Justin Trudeau s’est faufilé en tête des sondages partout; Tom Mulcair résiste surtout au Québec; et voilà Stephen Harper qui ne sait plus où donner de la tête.

En politique, il y a de ces symptômes qui ne trompent pas pour déterminer qu’un parti va mal. C’est le cas de Stephen Harper et de ses troupes, qui se portent au secours de l’environnement, qui montrent du doigt les pétrolières et qui s’agrippent aux frères Ford en Ontario.

Les conservateurs sont en mode panique. Sinon, qui aurait imaginé voir un jour le lieutenant québécois de Stephen Harper, Denis Lebel, se pointer au micro pour annoncer qu’un expert indépendant serait nommé pour procéder à un examen scientifique et mesurer davantage les impacts d’un éventuel déversement des eaux usées de Montréal dans le fleuve, avant de l’autoriser ou pas!

Un ministre conservateur qui fait confiance à la science et qui veut sauver les poissons et le fleuve Saint-Laurent. Wow!

Pire, quand Dan Gagnier, le coprésident de la campagne de Justin Trudeau, a été forcé de quitter la campagne libérale en raison d’un courriel envoyé à des employés de TransCanada, le promoteur du projet d’oléoduc Énergie Est, Stephen Harper a attaqué la culture du Parti libéral qui n’a pas changé depuis le scandale des commandites. Le chef conservateur qui écorche dans la foulée les pétrolières, la main qui le nourrit. Wow!

Et la meilleure? En cette fin de campagne, sentant la soupe chaude, notre premier ministre sortant a participé à un rassemblement organisé par les frères Ford en banlieue de Toronto. Voilà un chef conservateur qui se dit le chantre de la sécurité, mais qui s’accroche à un maire déchu qui fréquentait des vendeurs de drogue et consommait du crack alors qu’il était en fonction. Wow!

Depuis le début de cette longue campagne, Stephen Harper se drape de ridicule avec un programme maigre qui se résume en trois points : l’économie, la sécurité et le niqab. Pour ainsi dire, toute sa stratégie se base sur la peur du groupe État islamique (ÉI) qu’il voit partout!

Alors, si l’économie mondiale est fragile, c’est à cause de l’ÉI qui menacerait de déstabiliser le Moyen-Orient, le cœur du pétrole de notre planète. Si notre sécurité intérieure est fragile, c’est que nous sommes la cible de djihadistes sanguinaires de l’ÉI. Si nos valeurs sont menacées, c’est parce que les quelques Canadiennes qui portent le niqab sont des agentes dormantes du nébuleux ÉI.

Ce n’est pas pour rien que la majorité des grands journaux canadiens sont pratiquement unanimes sur une chose : mettre fin au règne de Stephen Harper.

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