AP Abdelhamid Abaaoud

L’argent, le chaos d’une guerre et son attrait envers les jeunes sont les principales forces de Daech – l’acronyme arabe de l’État islamique en Irak et au Levant. Elles sont aussi ses faiblesses!

Après le recoupement des derniers chiffres collectés par France Télévision, on estimerait les revenus de Daech à quelque 2,5 milliards de dollars canadiens. Cette nébuleuse terroriste est à ce point riche qu’elle frappe désormais sa propre monnaie, le dinar.

Daech prélève des impôts et taxes sur les entreprises et les citoyens, notamment pour le passage aux frontières des camions de marchandises et aussi pour la circulation des personnes, comme ces Syriens qui fuient par milliers la guerre.

Mais sa manne financière provient essentiellement de la vente du pétrole au marché noir. On parle ainsi de plus de 50% des revenus de Daech. Ce qui veut dire l’existence de sites d’extraction de ce pétrole, des raffineries, du transport par camions-citernes, avec au bout de la chaîne des clients qui achèteraient ce pétrole à moitié prix!

Daech compte aussi sur la vente à l’étranger de produits agricoles, du phosphate, du ciment et des antiquités dans ce bazar à ciel ouvert qu’est devenue la Syrie. Ces exportations lui assurent plus du tiers de ses revenus. Ce qui veut dire des camions remplis de marchandises qui transitent quotidiennement par la voie terrestre vers l’étranger!

Par ailleurs, la conclusion du rapport de l’ONU rendu public le printemps dernier parle de 25 000 combattants étrangers qui partent faire le djihad. Un très grand nombre rejoint spécialement les rangs de Daech en Irak et en Syrie.

Ces combattants proviennent d’une centaine de pays. La grande majorité vient d’Afrique du Nord, particulièrement de la Tunisie et du Maroc. Les autres combattants sont originaires de la France, de la Belgique, de la Russie, d’Australie, des Maldives, de la Finlande et même de Trinidad et Tobago. Ces personnes ne se font pas téléporter. Ils transitent par les voies terrestres!

L’ONU a ainsi confirmé que les nombreuses zones de crise au Moyen-Orient et en Afrique sont des attractions et des incubateurs pour attirer, entraîner et augmenter le nombre de combattants étrangers. L’Irak et la Syrie sont ainsi devenus des académies militaires pour former et perfectionner des extrémistes, comme l’ont été l’Afghanistan, l’Algérie, la Bosnie et la Tchétchénie dans les années 1990.

Certes, il faut prévenir la radicalisation des jeunes dans les pays pourvoyeurs de ces combattants étrangers, mais il faut d’abord couper la manne financière de Daech et trouver une solution viable et durable aux conflits militaires qui ravagent le Moyen-Orient.

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