Thibault Camus / The Associated Press Marine Le Pen

Non, le Front national n’a gagné aucune région lors des élections de dimanche dernier. Mais ce parti d’extrême droite ne cesse d’accumuler les records auprès de l’électorat français.

Le scénario semble se répéter comme le jour de la marmotte. Après la frayeur du premier tour des régionales, les Français se sont mobilisés au tour suivant pour barrer la route au FN. Mais cette fois, le peuple semble donner sa dernière chance aux partis traditionnels en France.

Avec 6,8 millions de voix récoltées lors des régionales de 2015, le FN a fracassé ses records de 5,5 millions à la présidentielle de 2002 et 6,4 millions de celle de 2012. Désormais, Marine Le Pen se vante que la France est divisée en deux. D’un côté, les vrais patriotes incarnés par les frontistes, et de l’autre, ce qu’elle désigne comme les mondialistes, à savoir tous les autres partis politiques, de la droite, du centre et de la gauche plurielle.

La digne héritière de Jean-Marie Le Pen ne fait donc que perpétuer cette campagne de psychose et de peur de tout. Peur des autres partis politiques français, peur des immigrants, peur des réfugiés, peur des étrangers, peur de l’Europe, peur du reste de la planète.

Ainsi, la présidente du FN fait miroiter une chimère, celle d’un possible retour aux frontières d’avant la mondialisation, d’un retrait de la zone euro et carrément d’un retrait du monde vers un repli identitaire hostile à toute ouverture sur l’autre.

Malgré sa démagogie, Marine Le Pen a bel et bien raison sur un point: la France va mal. La croissance est en berne et le taux de chômage est au zénith. Pour la candidate qui a le vent dans les voiles à l’horizon de la présidentielle de 2017, les partis politiques, de la droite comme de la gauche, sont responsables de cette débâcle.

Dans les circonstances, il est plus que déplorable de voir la classe politique traditionnelle française, la droite comme la gauche, se lancer les invectives, pourtant elle a failli. Après l’ère Mitterrand, il y a eu celle de Chirac, et les deux ont été jalonnées d’une alternance de gouvernements gauche/droite avec le même résultat épouvantable.

Dans deux ans, il serait désastreux de retrouver le même duel Hollande/Sarkozy pour choisir un président. Le peuple n’en peut plus. Cette perpétuelle mascarade n’a fait que grossir les rangs du FN qui de 0,75% des voix récoltées lors de la présidentielle de 1974, frôle désormais avec les 30% en 2015.

Si la classe politique traditionnelle de l’Hexagone n’opère pas un véritable examen de conscience, le parti des Le Pen aura la présidentielle de 2017 à sa portée et, dans sa foulée, il deviendra majoritaire au parlement.

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