Dans une Syrie meurtrie, les frères et les sœurs d’hier se tuent les uns les autres sans aucune possibilité de sortie d’impasse depuis cinq longues années.

D’un côté, les anti-Bachar estiment que la solution passe par l’élimination de Bachar al-Assad et l’éradication de son régime brutal et sanguinaire.

De l’autre, les pro-Bachar soutiennent un président qui n’a rien à se reprocher, sinon, d’avoir voulu sauver son pays de la mainmise de groupes djihadistes sanguinaires.

Or, tout au début, il y a cinq ans, l’islamisme radical était marginal dans cette contrée. Cette Syrie décrite à l’époque comme paisible et «laïque» était aussi un pays où le parti unique accaparait tous les pouvoirs grâce notamment à sa police politique et une pléiade de services de renseignements à la Stasi qui muselaient toute velléité de changement.

Il suffit de revoir les premières vidéos d’une population syrienne pacifique qui, en 2011, dans la foulée des balbutiements de ce qui est désormais connu comme le «printemps arabe», ne réclamait dans la rue que plus de liberté, plus de droits, plus de dignité. C’est tout.

Les premiers Syriens qui ont bravé la chape de plomb d’un régime sécuritaire scandaient même une longue vie au président Bachar al-Assad. Ils l’imploraient aussi, comme un bon père, d’être le président du changement.

Et comme il fallait s’y attendre dans un régime tourmenté par la paranoïa du perpétuel complot étranger, au lieu d’une réponse politique, les services de la répression ont tiré sur une foule pacifique.

Depuis lors, ce régime a été dépassé par les événements. Avec comme toile de fond une guerre entre les chiites et les sunnites, la Syrie est devenue un enjeu géostratégique capital téléguidé par des intérêts étrangers.

D’un côté, la Russie et l’Iran, avec ses soutiens chiites, notamment le Hezbollah libanais, ont sauté sur l’occasion pour défier l’Amérique et le reste de l’Occident. Ces deux puissances militaires productrices du pétrole n’ont point lésiné sur tous les moyens pour maintenir Bachar al-Assad au pouvoir, avec le soutien diplomatique précieux de la Chine, la plus grande puissance économique de notre planète!

De l’autre côté, l’Arabie saoudite wahhabite et le Qatar pro-Frères musulmans se disputent sans merci le titre du maître de l’alternance en Syrie et dans toute la région.

Plombés par la crise économique et leur dépendance aux pétrodollars des monarchies du Golfe, l’Amérique et l’Occident se sont compliqué la vie avec une stratégie à la petite semaine.

Sur le terrain de cette guerre civile syrienne incontrôlable entre le régime al-Assad contre une pléthore complexe de plusieurs groupes armés qui orbitent autour de Daech et Al-Qaïda, la guerre est devenue un business fleurissant.

C’est là où se situe le nœud de l’impasse syrienne. Trop de sang a coulé dans un pays qui n’est plus maître de sa destinée!

Dans ce chaos, aucune alternative civile n’est possible dans l’immédiat, dans un pays qui a perdu son innocence!

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