Il y a 14 ans, quand j’ai débarqué de ma planète d’origine, le journal Métro a été un compagnon dans ma démarche d’installation. Huit ans après, je suis devenu un de ses chroniqueurs.

À mon arrivée, sans télé, ni câble, ni ordinateur, ni l’internet à la maison, je n’avais qu’une petite radio pour me tenir compagnie.

Quant à la presse écrite, comme c’est le cas de tous ceux qui ont eu à vivre la détresse du nouvel arrivant, je faisais face au choix cornélien entre apporter de quoi manger à la maison ou acheter des journaux.

Dans les circonstances, avec la radio, Métro est devenu ma deuxième fenêtre quotidienne sur ma ville d’adoption et le reste du monde.

C’est grâce à ce journal que j’ai déniché mon premier appartement sur Bélanger Est. Je garde une copie de ce numéro, quelque part dans mes boîtes d’archives, pour ne pas oublier ma première adresse ici, un demi-sous-sol pourri loué à un propriétaire véreux qui m’avait imposé illégalement un dépôt de trois mois.

C’est dans un autre numéro de Métro, à la sortie d’une séance d’information aux bureaux du ministère de l’Immigration, sur Crémazie, que j’ai lu la publicité d’un programme de préparation à l’emploi de huit semaines destiné aux immigrants nouvellement arrivés.

Ce jour-là, une grande porte vers l’intégration m’a été offerte par le Centre génération emploi, sur l’avenue du Parc. Sans crier gare, la lumière a jailli au bout de ce tunnel sombre où j’avais été catapulté dès mon arrivée.

Pour vous dire, tout au début, si quelqu’un m’avait dit que j’allais devenir un jour chroniqueur à Métro, je ne l’aurais pas cru, car, même si le journalisme me fascinait depuis mon jeune âge, ce genre de prédiction est inimaginable, surtout pour quelqu’un qui refait sa vie sur une nouvelle planète.

Les circonstances ont fait que, presque quatre ans après mon arrivée, j’ai eu le courage d’entamer un certificat en journalisme à temps partiel, alors que je travaillais à temps plein et que ma petite famille s’agrandissait.

Dans la foulée, grâce à Métro, j’ai reçu un de mes premiers cachets pour la rédaction d’un cahier-reportage sur le Salon de l’emploi de Montréal. Un autre numéro bien conservé dans mes archives.

De fil en aiguille, j’ai cofondé Réussir ici, un magazine gratuit destiné aux nouveaux Montréalais, et la radio de Radio-Canada m’a alors ouvert les bras.

À l’été 2010, alors que j’entamais une reconversion professionnelle, au cap de ma quarantaine, j’ai reçu un appel inattendu du journal pour participer à un blogue collectif. L’expérience dure depuis presque six ans!

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