The Associated Press Salman bin Abdul-Aziz Al Saud et son fils le prince Mohammed bin Salman

Le 25 avril 2016 entrera-t-il dans les annales de l’histoire comme le jour zéro où l’Arabie saoudite wahhabite a entamé son ouverture réelle sur le monde moderne?

En effet, toute l’attention médiatique du premier producteur d’or noir au monde se focalise en ce moment sur la présentation de leur «Vision 2030».

En somme, avec ce plan gigantesque qui mise sur une économie post-pétrole, les dirigeants du pays invitent leurs concitoyens à rompre avec les glorieuses années où l’État soutenait artificiellement un niveau de vie extravagant et snobait le reste de la planète.

Justement, plusieurs médias occidentaux parlent de plus en plus d’un royaume wahhabite qui s’enfonce dans les déficits budgétaires. En 2016, Riyad a ainsi présenté son troisième déficit budgétaire consécutif. Il frôle 20% de son PIB.

D’ailleurs, on l’a vu avec le récent classement Forbes des Arabes les plus riches en 2016; le prince saoudien Al-Walid Bin Talal Al Saoud, qui trône au sommet de cette liste pour la sixième année de suite, a lui aussi vu sa fortune dégringoler de 20%, pour atteindre 17,3G$.

Pourquoi? C’est à cause d’un cocktail explosif. D’abord, l’éclosion du groupe terroriste Daech qui a plongé le cœur pétrolier de notre planète dans une guerre sectaire sanguinaire et qui a catapulté les Saoudiens dans des conflits sur plusieurs fronts.

En Syrie, les wahhabites combattent par procuration et Daech et les Iraniens qui protègent le régime al-Assad.

Dans la foulée, au Yémen, ils ont été contraints de s’engager militairement dans une autre guerre directe coûteuse contre et les Houthis chiites soutenus par l’Iran et Al-Qaïda.

Pire, avec le retour en force de l’Iran sur l’échiquier mondial, notamment grâce à son accord sur le nucléaire avec les Américains, les Saoudiens sunnites ont été forcés de s’engager aussi dans une guerre d’usure économique avec leur ennemi chiite. Résultat: le prix du pétrole a dégringolé.

Dans les circonstances, les Saoudiens n’en peuvent plus financièrement. Avec «Vision 2030», leur monarchie veut donc planifier son sevrage des recettes pétrolières et se préparer à un monde sans son or noir.

Dans une série d’articles publiés récemment sur le site web d’Al-Arabya, la chaîne arabe d’information en continu implantée à Dubaï aux Émirats arabes unis, mais financée par un capital saoudien, on peut découvrir l’ampleur des réformes programmées.

Le prince Mohammed bin Salman, vice-prince héritier du royaume, proposerait ainsi une révolution au royaume des wahhabites avec, entre autres, l’ouverture de l’économie de son pays aux privatisations et aux investissements étrangers.

Cette panoplie de réformes tend vers une seule direction: éviter la banqueroute au pays. La crise économique finira-t-elle ainsi par dépoussiérer un royaume wahhabite qui plombe le monde arabo-musulman?

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