Il fait partie de mes premières rencontres au Québec. Étant tous les deux originaires d’Afrique du Nord, tout devait nous rapprochés, mais l’épreuve de la discussion nous a montré le contraire.

Ce jeune Maghrébin intelligent affichait avec fierté sa modernité et son ouverture envers les valeurs des droits de l’Homme.

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À l’époque, comme lui, à titre de conseiller, je venais de plonger dans les tranchées des programmes d’aide à l’intégration socioprofessionnelle des immigrants.

Ce travail de terrain avec les nouveaux arrivants nous a menés à débattre sur la conciliation des valeurs de la société d’origine avec celles de la société d’accueil. Au fil du temps, ce sujet nous a révélés les enjeux identitaires et culturels de l’immigration.

Dès le départ, l’adhésion de ce jeune conseiller aux valeurs de l’égalité entre les citoyens et du respect de l’autre ne s’est avérée que du vernis. Une fois gratté, il a dévoilé de réelles contradictions.

Notre premier désaccord a été au sujet de l’orientation sexuelle. Avant même d’entrer dans le vif du propos, mon confrère de discussion s’est rapidement mouillé. Pour lui, l’homosexualité est une maladie et elle se soigne.

Je l’ai relancé avec une simple question: «Acceptes-tu d’être traité de malade, parce que tu es musulman?» Il a sursauté, avant de m’interpeller sur le rapport que j’avais établi entre être musulman et être homosexuel.

Tout bonnement, je lui ai rétorqué que l’article 10 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne qui protège sa liberté de croyance protège aussi les droits des homosexuels! Là, notre échange s’est transformé en marathon verbal. Un cul-de-sac.

Sur la liberté des femmes, l’homme galant et avenant avec la gent féminine a, à plusieurs reprises, été à la limite misogyne. Mais là où les décibels de nos voix ont battu des records olympiques, c’est quand on a abordé le problème israélo-palestinien, notamment les promesses non tenues par la communauté internationale envers le peuple palestinien, depuis 1947.

Alors que je lui parlais de l’État hébreu, il ne me parlait que des Juifs pour les accuser de tous les maux des Arabes, des musulmans et du reste de notre planète.
J’avais beau lui dire qu’il n’a pas à être antisémite pour défendre dignement le droit légitime du peuple palestinien d’avoir lui aussi son État ou pour dénoncer les injustices quotidiennes qu’il endure sous les bottes de l’armée d’Israël. Peine perdue!

Hélas, la bêtise humaine n’a ni couleur de peau, ni origine, ni croyance!

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