M’en va! En fait, je suis déjà arrivé. Pour être plus clair, au moment où j’écris ces mots, je m’en vais, et au moment où vous les lisez, je suis rendu. Où est-ce que je suis parti/arrivé? France et Belgique. Je «pays drop» comme un hipster voyageur qui t’écœure avec son tableau rempli de punaises de destinations passées, un bocal rempli de sable et un didgeridoo qui n’a jamais servi.

Raison du voyage? C’pas de tes affaires! Scuse. J’suis pas du monde quand j’ai besoin de vacances. Mariage, belle famille, vacances. Non, c’est pas moi qui me marie. Sinon, j’aurais pas commencé ma chronique en disant tout bonnement que je m’en allais. Quoique le mariage soit une destination en soi. La destination du pu’ de sexe et de la prise de poids! Ha, ha, ha, ha! Une bonne joke de mononcle. Bouge pas, je vais nous chercher deux tites frettes et un jeu de poches.

Plan du voyage? Relaxer, voir des gens, répéter trois fois la même chose pour cause d’incompréhension due à mon accent et à mon manque d’articulation. Être insulté par un serveur qui me répond en anglais. Sortir un «Nickel!» aussi naturellement qu’un «C’est nice!»

Ah, et faire baisser le stock de chocolat de la Belgique de moitié. Sérieusement, je vais m’en mettre plein la gueule comme une fille en peine d’amour dans un Laura Secord bar open.

C’est une première fois pour moi en Belgique. Pour ma blonde, c’est un autre genre de première. Son premier voyage en sol européen en tant que résidente permanente du Canada. Je ne sais pas ce que ça fait de retourner chez soi en étant un peu d’ailleurs. Amis immigrants en processus, j’ai une pensée pour vous. Je sais que c’est long et compliqué. Plus que d’avoir un compte au SuperClub Vidéotron, mettons.

J’y amène un p’tit peu d’ici. J’ai fait un CD avec quelques chansons québécoises pour la nièce de sept ans de ma blonde. Lors de notre voyage l’année dernière, je lui avais fait écouter de la Bottine Souriante sur YouTube. Elle avait dansé spontanément en se swingant la robe comme si elle avait grandi à Saint-Jean-de-Matha en 1924. Une naturelle. Elle arrêtait pas de demander : «Remets la chanson du porte-clé!» Calmez-vous, les mélomanes, je ne lui ai pas mis que du folklore sur le CD. Y’a les Colocs et du Leloup aussi. Des tounes qui ont du beat. Elle est trop jeune pour Belzébuth.

Bon, c’est ben beau tout ça, mais il me reste ma valise à faire. «Quoi, tu pars demain matin, et elle n’est toujours pas faite?» Bhaaa. C’est quoi le plaisir de voyager sans la peur d’avoir oublié quelque chose parce qu’on a fait ses bagages à la dernière minute? Sérieux, faut que je m’y mette, c’est long faire ma valise.

Placer mes bas en ordre de couleur, mes chandails en ordre d’épaisseur. Ha ha. Mais non! C’est tout en moton, puis je ferme ça en m’asseyant dessus comme un épais. Ciao.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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