Déménagement time! Demain, des milliers de Québécois vont suer du nombril, s’écorcher de la peau de jointure sur des cadres de porte pis manger de la pizz comme si leur vie en dépendait. Je dis demain, mais une semaine avant le premier juillet et une semaine après, tu vois des camions de déménagements «parkés» tout croche un peu partout. Pas juste des camions, j’ai vu deux gars tirer des trailers pleins de gros meubles… en vélo! Only sur le Plateau.

Le temps des déménagements, c’est le temps où on regrette un «Ben oui!» dit de bon cœur y a un mois, quand on s’est fait demander si on était disponible pour aider le 1er juillet. Je sais pas ce qui se passe avec l’aide des déménagements, on dit toujours oui rapidement, mais plus la date approche, plus on remet en doute notre jugement. Un peu comme quand on dit «oui» à un shooter de tequila ou à une proposition de jouer au Monopoly.

J’aime les classiques du déménagement. La corde entre deux chaises qui réserve le parking pour le camion. La boîte de fils qu’on trimbale d’un appart à l’autre, avec ses quatorze câbles de télé, des fils RCA de DVD player qu’on n’a pu, des fils de vieilles consoles de jeu, de prises HD avec les six couleurs différentes qu’on n’utilise jamais. Y a évidemment les cochonneries des anciens locataires. Des pots de peinture presque vides avec un peu de rouille sur le rebord, une mope, un balai, une chaudière, des gants de vaisselle, une bouteille vide d’Hertel, un porte-poussière pu de manche. Y a souvent le fameux angle d’attaque d’entrée et de corridor weird qui te fait te demander si les anciens locataires ne vivaient pas juste couchés sur une boîte de carton avec un toaster et une bouilloire. Parce que y a rien d’autre qui semble passer par c’te foutue porte-là!

N’oubliez pas de forcer des genoux. Faut toujours forcer des genoux, sauf aux toilettes et quand tu poses des tablettes, mais sinon, faut forcer des genoux. N’oubliez pas de bien placer le stock dans le camion, maximisez l’espace, remplissez les trous aussi efficacement que les animateurs de L’instant gagnant. N’abandonnez pas vos animaux domestiques. Montréal, c’est pas une jungle, ton bichon ne sait pas chasser l’écureuil. Ah, pis quand tu doutes que ça va passer, y a ben des chances que ça passe pas. Sauve-toi du temps, enlève la porte tout de suite au lieu d’être pris pour l’enlever avec le frigidaire qui tient en équilibre sur le bout de l’escalier au troisième étage. Guy Laliberté recrute pas dans ton coin pour le Cirque du Soleil.

Bon déménagement à tous et à toutes. Soyons patients et indulgents envers tout un chacun. Fait chaud pis c’est lourd pour tout le monde égal. (Sauf pour les deux gars qui ont déménagé en vélo… c’était un peu plus lourd pour eux- autres. Je leur lève ma pointe de pizz.)

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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