Parfois, y’a des règles qui sont faites pour être brisées. L’autre soir, je reviens de Québec. Il est 2 h 30 du matin. Un chum humoriste et moi, on arrête au McDo du Madrid 2.0. «Désolé. On ne peut rien vous servir, on fait un rebooth de nos ordis. On doit faire ça une fois par nuit.» «2.0… mon œil.» Je mets à jour mon cell en 15 secondes, mais ça prend une demi-heure pour mettre à jour un ordi qui calcule des patates frites…

Mon ami va aux toilettes. Je reste là. Je glisse un 20 dollars sur le comptoir et je dis au commis avec ma voix la plus «chummy chummy» : «Tes fours, eux autres, y marchent, ta friteuse aussi… mettons… tu me fais deux trios… tu prends le 20, puis quand tes caisses repartent, tu pitonnes, encaisse le vingt, tout le monde est heureux.» «Ah non, on peut pas faire ça, parce que si y’a disons 15 personnes qui entrent, on va devoir le faire à elles aussi.» «Quinze personnes? Deux heures et demie du matin? Vraiment? Au Madrid!?» «Ah oui, monsieur, parfois ça rentre d’un coup.» J’ai ri, pris mon 20, et je suis allé m’acheter un sac de réglisses au dépanneur à côté.

L’autre jour, j’arrête dans une boulangerie où ils font des maudits bons sandwichs dans des baguettes. J’arrive là. Ils ont pu de baguettes à sandwich. C’est une boulangerie, je regarde sur le bord de la fenêtre, ils ont des p’tites baguettes. Un peu plus grandes que celles qu’ils prennent pour faire leurs sandwichs. Je dis : «Je vais t’acheter une baguette, et tu fais mon sandwich dedans. Tu mets le même stock dedans que tu mettrais dans une plus petite baguette, et tu m’enlèves la différence.» La fille me dit : «Si je fais ça, je dois te faire payer le plein prix du sandwich en plus de ta baguette.» «Tu veux me faire payer pour un pain qui n’existe pas? Hahaha. Oublie ça.» Mon cerveau peut vivre avec le fait de payer pour du vide, mais pas mon estomac.

Une amie ambulancière arrête en pleine nuit au Tim avec son collègue. Ils sont fatigués et ils ont faim. Tout ce qu’il reste, c’est des muffins. Mon amie en demande deux. La petite caissière lui dit : «Je peux pas vous les vendre, ils ont passé l’heure de “fraîcheur”». Mon amie : «OK, mais je m’en fous. Je vais en prendre deux pareil.» «Non, j’ai pas l’droit.» «Qu’est-ce tu vas va faire avec?» «J’allais les jeter.» «OK, ben, donne-moi-les alors.» «Non, je peux pas.» «Regarde, je vais aller en arrière, à côté du dumpster, puis à place de les sacrer dedans, tu les sacres dans mes mains.» «Non, je peux pas.» Ils étaient dans une région où tout ce qu’il y avait d’ouvert, c’était le Tim. Bref, des ambulanciers sont restés sans manger, donc moins alertes, à cause d’une règle de «fraîcheur».

Il y a une expression en anglais : «Don’t hate the player, hate the game.» Des fois, je déteste un peu les joueurs. Les règles du jeu, elles peuvent être parfois pliées. Elles doivent être pliées. Si on ne les plie pas pour un trio, un sandwich, un muffin… Notre révolution a bien pu être tranquille.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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