Je suis curieux… Christian Bégin dit au gouvernement de manger de la merde, et des gens sont offusqués? Pourquoi? Parce qu’il est comédien? Il y a une job qui te prive du droit citoyen de t’indigner? À mon souvenir, que tu sois pompier, enseignante, policier, plombier, infirmière, comédien, architecte, humoriste, avant d’avoir un diplôme dans quelque domaine que ce soit, on reçoit tous un certificat de naissance, avec dessus un beau numéro de série. Oublie ton nom, ton métier; ça, c’est de la peinture décorative, c’est pour faire cute. Ta vraie «identité fonctionnelle» dans ce «beau» système, ce sont des chiffres. Le numéro sur ton certificat de naissance est ton nom de famille, et ton numéro d’assurance sociale, ton prénom. Bonjour, je me présente, 245 987 345 1297606132957. Mais vous pouvez m’appeler 7.

Perso, tant qu’on sera tous tagués comme du bétail, peu importe ton statut, ton job, ton sexe, ton âge, ta religion, t’as le droit d’envoyer promener le gouvernement, ce gérant d’abattoir, si tu sens qu’il te ment, te manipule, te vole. Toujours. «Ouin, mais c’t’un artiste subventionné PAR le gouvernement, faque tsé…» À cet argument béton, j’opposerai un autre «t’artiste», le collègue humoriste Louis T, qui, récemment, a répondu à ceux qui suggèrent qu’on devrait couper les subventions aux artistes, puis qu’ils se trouvent de vrais emplois… «De vrais emplois subventionnés dans l’aéronautique, les jeux vidéo, l’agriculture, les alumineries, les cimenteries, le sport professionnel, la construction, les chantiers navals, les garderies, les minières, les pharmaceutiques, les pétrolières, l’automobile…» Le point est clair. En passant, Louis T est un «t’artiste» vivement assumé de droite.

«Y se prend pour qui?» On l’a dit tantôt: sois attentif. Christian s’est pris pour et a été un citoyen… frustré. La belle ironie. On s’offusque si on sent qu’un artiste se prend pour plus important que le citoyen, mais on l’est encore plus s’il agit en tant que tel.

Donc, on est tous des citoyens de prime abord, et pas mal tous les secteurs sont subventionnés. Autre chose? «Ben, c’est insultant pour moi qui ai voté libéral!» C’est le gros problème de la partisanerie. Tu t’identifies tellement à ton choix, que ton choix devient toi. C’est pas toi que «Curieux citoyen» a envoyé promener, c’est le gouvernement. C’est comme être sur la défensive quand une personne n’aime pas ton fromage préféré. «C’est pas toi que j’aime pas, c’est le fromage! Tu n’es pas le fromage!» Tu n’es pas le parti libéral.

On s’offusque si on sent qu’un artiste se prend pour plus important que le citoyen, mais on l’est encore plus s’il agit en tant que tel.

«C’était vulgaire.» La vulgarité, c’est l’arnaque, se faire prendre pour des cloches. On s’incline devant le mensonge poli, et on s’offusque devant l’indignation crue. Il y a quelque chose qui ne marche pas.

Donc, il est d’abord citoyen, les subventions sont partout, tu n’es pas le fromage, et la vulgarité, c’est relatif. Faque, y est où le problème? Et la simple liberté d’expression? Plus personne n’est Charlie? Déjà? Je savais que la durée de vie des trend internet était courte, mais là…

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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