vanhornerestaurant.com

On apprenait ces derniers jours que le restaurant Van Horne, situé sur l’avenue du même nom, fermera ses portes dans un mois, après quatre ans d’activités.

Un autre bon restaurant qui cède sa place, qui ferme boutique.

Pour la propriétaire Sylvie Lachance, jointe au téléphone, cette fermeture est une suite logique à la lettre ouverte qu’elle avait écrite en mai dernier dans laquelle elle se désolait de l’état de la scène gastronomique montréalaise, du manque de fidélité des clients, de la trop grande offre de restaurants, etc. Et aujourd’hui, comme beaucoup de ses collègues restaurateurs, elle et son partenaire Urs Jakob jettent la serviette.

Le restaurant n’est pas en faillite, il est en vente. Les proprios n’ont pas renouvelé le bail et conclueront leur aventure le 11 avril.

Selon Mme Lachance, le monde de la restauration montréalais est à un carrefour et devra se redéfinir. Pour elle, le mouvement du «fine dining» dans lequel s’inscrit le Van Horne «n’est plus d’actualité», voire complètement en voie de disparition dans la métropole. Du moins dans cette gamme de prix, plus abordable.

Parce que c’est ce qu’ils souhaitaient faire: offrir un bon menu, bien fait, avec des produits de notre terroir, le tout accompagner de bons vins, conseillés par de vrais sommeliers. Et il le faisait bien, à en croire toutes les critiques écrites sur le restaurant d’Outremont. Le Van Horne était de tous les guides, de toutes les listes. Il s’est même hissé au sixième rang du Palmarès des nouveaux restaurants canadiens d’enRoute en 2011.

Mais  visiblement, les critiques élogieuses, l’authenticité et le travail acharné ne suffisent pas dans le cruel monde de la restauration. Surtout par les temps qui courent. «On est dans une crise économique et personne ne veut le dire», clame Mme Lachance.

Lorsque je lui demande s’il faut être fou pour ouvrir un resto en 2015, elle répond du tac au tac: «Oui, c’est fou d’ouvrir un resto en 2015. Oui, il y a trop de resto à Montréal.» Mais pour elle, ce n’est pas par les quotas que la solution viendra, comme le propose le restaurateur Carlos Feireirra. Il faut que les gouvernement provinciaux et municipaux aident les restaurateurs, que les loyers coûtent moins cher, que les taxes soient moins élevées.

Sylvie Lachance quitte la restauration sans regret, en répétant qu’ils «ont fait quelque chose d’assez exceptionnel»! Et elle invite les gens à célébrer la cuisine du chef Jens Ruoff une dernière fois, avant qu’il ne tire sa révérence le 11 avril prochain.

Van Horne
1268, avenue Van Horne

(514) 508-0828

L’annonce faite par la restauratrice sur la page Facebook du Van Horne:

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