L’or se gagne dès l’enfance

Ces jours-ci, tous les yeux des Québécois et des Canadiens sont rivés à leurs écrans de télévision pour suivre les Jeux olympiques. On est fiers de nos athlètes, on est fiers de nos médailles, on est fiers de nos succès. Paradoxalement, on oublie que pour aller loin, il faut partir du bon pied : avoir une base de vie solide, une alimentation saine, du soutien de ses proches, les bons outils pour s’entraîner.

Ce n’est pas le cas d’un trop grand nombre d’élèves de Montréal, qui s’apprêtent à commencer l’année scolaire dans quelques jours. Près de 42 % des élèves de la CSDM proviennent de milieux défavorisés. Les enfants de milieux défavorisés sont trois ou quatre fois plus nombreux à accuser des retards scolaires et deux fois plus nombreux à éprouver des problèmes d’apprentissage. Ils sont également plus enclins à décrocher : près d’un étudiant montréalais sur trois ne finira pas son secondaire, et dans certains arrondissements plus durement touchés par la pauvreté, c’est près d’un étudiant sur deux. Autant d’élèves qui n’auront pas la base requise pour atteindre le sommet de leur rêve de carrière.

D’autant plus que la rentrée scolaire coûtera encore plus cher cette année : selon un rapport d’Ernst & Young paru le mois dernier, les dépenses liées à la rentrée scolaire 2016 devraient être en hausse de 4,5 % au Canada par rapport à l’année dernière. Déjà, une des deux périodes de l’année les plus déchirantes pour les familles à faible revenu, soit la facture de la rentrée (qui s’annonce plus salée cette année), complexifiera la donne. Comment habiller, outiller, mais surtout nourrir la famille dans ces conditions? Certains postes de dépenses écoperont, et cela diminuera la motivation d’aller à l’école pour les élèves dont le ventre sera vide, les vêtements défraîchis et le coffre à crayons dégarni.

Cela n’a pas que des conséquences néfastes pour ces familles : c’est toute la province qui en souffre. Le Québec a un besoin évident de savoir, de cerveaux alertes et de mains agiles pour le développement de son économie. Comparativement à un décrocheur, un jeune qui a en mains un diplôme d’études secondaires empochera 184 000 $ de plus sur l’ensemble de sa vie active. C’est donc un manque à gagner qui coûte 1,9 G$ par année aux Québécois.

Former un athlète olympique coûte plus de 25 000 $ par an, alors que nourrir sainement un enfant en coûte près de 10 fois moins. Avec une alimentation saine et les articles scolaires que fournit le Regroupement Partage, un enfant a donc les ingrédients de base pour cheminer vers sa réussite scolaire, éventuellement finir son secondaire, et peut-être aspirer à devenir un acteur déterminant de la société de demain.

Quelque 900 000 enfants québécois, dont près de 200 000 enfants montréalais, retourneront sur les bancs d’école dans les prochaines semaines. Il est impératif de les outiller, afin qu’ils puissent commencer l’année du bon pied, pour leur assurer – ainsi qu’au Québec dans son ensemble – un avenir prospère. Et peut-être pour qu’ils puissent nous représenter un jour aux JO, mais également enseigner à nos petits-enfants, nous soigner, réparer nos véhicules, découvrir une nouvelle technologie, etc.
Sylvie Rochette, cofondatrice et directrice générale du Regroupement Partage

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