L’échec de Laurent Proulx
Qui l’aurait cru? L’homme ayant obtenu la première injonction de la grève étudiante vient tout juste d’abandonner le cours pour lequel il s’est battu devant un juge. Après avoir mobilisé de nombreuses ressources juridiques pour arriver à ses fins, initié la multiplication d’injonctions qui a eu cours et contribué indirectement à la détérioration du climat régnant sur les campus, voilà qu’il jette l’éponge!
C’est tout de même désolant. On hésite entre avoir la larme à l’œil ou le sourire en coin. Ce «carré vert» évoque des raisons monétaires pour appuyer sa difficile décision, soulignant au passage qu’il n’avait d’autre choix que de travailler en parallèle de ses études et de son implication auprès du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec.
Tiens, tiens. De par sont triste sort, M. Proulx ne donne-t-il pas raison à tous ces carrés rouges qui luttent pour un meilleur soutien financier aux étudiants? Ne donne-t-il pas aussi raison à toutes ces études qui démontrent qu’un emploi (souvent au-delà de 20 heures par semaine) peut avoir un impact négatif sur le rendement scolaire et même être à la source d’un allongement des études?
À n’en pas douter, l’incident malheureux amènera le jeune homme à reconsidérer sa position sur la hausse des droits de scolarité ainsi que sur l’Aide financière aux études. Et de grâce, que cela lui serve de leçon!
Étienne Boudou-Laforce, Québec
Entre les mains de l’opposition
À regarder les reportages en direct des manifestations étudiantes, je ne comprends pas pourquoi les étudiants sont agressifs face aux policiers. Ceux-ci ne font que leur travail et protègent les étudiants et la population. En plus, ils arrêtent les casseurs qui nuisent à l’image et au message des étudiants.
Selon moi, manifester tout l’été n’est pas une solution au conflit. Le silence gouvernemental ne l’est pas non plus. À ce rythme, je prévois une solution en octobre ou novembre.
Une autre chose que je ne comprends pas, c’est la position de Jean Charest. Pourquoi s’entête-t-il à forcer des augmentations sur 5 ou 7 ans, quand son mandat risque de se terminer fin 2013? L’entêtement de Charest servira au moins à faire voter les jeunes aux prochaines élections; contre lui, mais au moins, ils voteront.
La solution, en fait, se trouve dans les mains de l’opposition. Les représentants étudiants devraient rencontrer les chefs de l’opposition pour avoir, par écrit, ce qu’ils feront avec le financement étudiant s’ils sont élus. Une fois ça fait, ils pourront aller voir Jean Charest pour lui dire qu’ils acceptent une augmentation minimale, disons de 50 $ chaque session, pendant deux ans.
Et voilà! Si les deux côtés acceptent, ce sera la fin des manifestations. Éventuellement, Charest partira, et le prochain gouvernement trouvera une solution au manque à gagner de l’augmentation des droits de scolarité.
Stéphan Lemaire, Saint-Léonard