Symbole d’espérance
Le rouge me fait penser à l’amour, à une blessure, à un temps d’arrêt. L’amour d’apprendre, le désir de vouloir continuer la démarche pour obtenir un bon métier plus tard. Rouge : l’amour fraternel, la solidarité, chaque personne désirant étudier devrait y avoir accès. Rouge : un peuple se sentant blessé par le choix de la hausse des frais de scolarité. Est-ce que demain tous pourront se permettre d’étudier? Perdrons-nous la chance d’avoir davantage de gens compétents pour une question d’argent? Rouge : les jeunes arrêtent d’étudier comme un feu de circulation pour s’affirmer dans la rue. Ils désirent se faire entendre.
Le carré me fait penser à une pièce fermée : les étudiants se sentent-ils déjà limités dans leur budget sans devoir, en plus, assumer une augmentation des frais de scolarité? Oui, c’est tout un défi d’étudier. Ce sont des heures en classe, des travaux scolaires et aussi en équipe (pas toujours évident de trouver un temps commun), le travail et un peu de social. Ils ont un horaire chargé et doivent faire toute une gestion et, je suppose, beaucoup de sacrifices avant de recevoir leur diplôme! Carré : ils ne veulent pas étouffer, arrêter d’étudier, mais avoir la possibilité d’ouvrir leurs ailes pour continuer leur chemin vers la réussite.
Je ne vois pas la violence dans le carré rouge, mais le signe d’espoir d’une jeunesse, d’un peuple qui se tiennent pour dénoncer une situation. Ils construisent aussi l’avenir… Prenons les rues bloquées comme un temps de rénovation, de construction.
Merci à tous ceux qui soutiennent la cause étudiante, gens politiques et autres!
Agathe Melançon, ancienne étudiante à l’UQAM et poète
D’un rouge à l’autre
Tant du côté des étudiants et des mouvements sociaux que du gouvernement, l’exagération à outrance constitue la norme quand vient le temps d’argumenter. Les mouvements étudiants et sociaux qui participent à la contestation auraient peut-être intérêt à se payer une petite visite touristique dans les anciens camps de concentration nazis en Europe : ils réaliseraient rapidement que ça prend bien plus que quelques arrestations musclées avant de pouvoir accuser un système politique de dérive fasciste et d’associer un corps policier aux SS, comme ils le font depuis maintenant plusieurs semaines. Je parle par expérience : une visite à Dachau et à Auschwitz tend à relativiser énormément les problèmes que vous croyez percevoir dans votre système politique. Les facultés d’histoire et de science politique étant à l’avant-scène des mouvements étudiants contestataires, je me serais attendu à plus d’intelligence de leur part en termes de comparaisons historiques.
Du côté du gouvernement, il serait temps de se montrer rassurant et de cesser de qualifier tout porteur de carré rouge d’anarchiste prêt à briser les premières vitrines sur son chemin. Bien sûr, il y a des casseurs, et il faut que les forces de l’ordre remplissent leur mission de protéger les biens publics et privés. Mais le comportement de cette infime minorité ne peut pas, comme le gouvernement le fait, être généralisé à l’ensemble des protestataires. De plus, en ces temps de corruption et de malversations, le Parti libéral devrait se garder une petite gêne quand il tente de se présenter comme le seul gardien de l’ordre public…
Du rouge libéral au carré rouge, les mêmes argumentaires grossièrement exagérés. Un peu de responsabilité de part et d’autre ne serait que salutaire et permettrait peut-être de diminuer un tant soit peu le climat de tension qui règne actuellement au Québec.
Louis L’Italien, Verdun