Le royaume de la main tendue
À quoi bon se lever tôt tous les matins pour aller travailler? À quoi bon passer de longues années à étudier assidûment afin d’obtenir de précieux diplômes? À quoi bon se priver pour laisser un certain pactole à ses enfants, quand on peut simplement sortir dans la rue (et, pourquoi pas, avec quelques cailloux dans les poches au cas où on verrait des policiers) et réclamer la redistribution
de la richesse?
Cette mentalité est tout à fait typique au Québec. Partout ailleurs en Amérique du Nord, on encourage l’effort, la persévérance, la dignité, la création de la richesse. Ici, être riche, c’est un peu comme avoir une maladie honteuse. C’est nécessairement un signe de cupidité. Même si c’est dans notre province qu’on retrouve les programmes sociaux les plus généreux (droits de scolarité, garderies, assurance-médicament, aide sociale), des logements et de l’électricité à faible coût.
En dépit du fait que les «riches» paient déjà la part du lion sur le plan fiscal, il se trouvera toujours des gens comme Serge Petitclerc (lettre d’opinion publiée dans Métro lundi) pour réclamer toujours une plus grande redistribution de la richesse. S’il fallait que le Québec obtienne de nouveau les Jeux olympiques, on n’accorderait sans doute pas de médailles aux athlètes les plus méritants. On ferait fondre les médailles, on en donnerait une petite partie à tous les participants. Et on ne manquerait pas de mépriser les meilleurs athlètes.
Paul-andré allard, Montréal
Merci mesdames!
Avant de tomber enceinte, ce que j’entendais dire par les femmes autour de moi, c’était que les usagers du transport en commun manquaient cruellement de civisme envers les futures mamans. Qu’il était rare de se faire offrir une place dans le métro ou l’autobus. Pourtant, depuis que mon ventre est apparent, et encore plus maintenant à huit mois de grossesse, rares sont les voyages où je suis debout. Chaque jour, en me rendant au travail ou ailleurs, quelqu’un me cède sa place gentiment.
Je dis quelqu’un, mais je devrais dire une dame, puisque 9 fois sur 10, il s’agit d’une femme. Une femme dans la trentaine et plus. Peut-être est-ce parce qu’elles savent, pour l’avoir vécu, que les femmes enceintes sont parfois fatiguées, ont mal au dos ou se sentent faiblir lorsqu’elles sont debout trop longtemps. Peut-être aussi parce qu’elles savent qu’il peut être dangereux de recevoir des coups en cas de freinage brusque, par exemple.
J’ai lu quelque part que les femmes enceintes étaient un trésor collectif. Et c’est ce que me font sentir ces étrangères qui me cèdent leur place en se souciant de mon bien-être et de celui de mon bébé à venir. Et ce genre de comportement me fait prendre conscience que l’entraide, le civisme et l’empathie existent encore dans notre société.
Merci mesdames de rendre ma grossesse, et mes déplacements, plus faciles! Et espérons que ce genre de geste devienne la norme.
Andréanne, Montréal
L’actualité vous fait réagir? Écrivez-nous! opinions@journalmetro.com