Après moi, le déluge

Notre premier ministre Jean Charest disait récemment que, si le Parti québécois était élu aux prochaines élections, ce serait le chaos au Québec. Pourtant, avec le premier ministre actuel, ne sommes-nous pas déjà dans un Québec plutôt chaotique et profondément divisé?

D’abord, sous le règne libéral, le crime organisé occupe une grande place dans le jeu économique et politique, ce qui entraîne un détournement de démocratie et des coûts injustifiés pour tous les travaux publics que nous entreprenons et une perte de confiance grandissante de la population envers le monde politique.

Ensuite, nous sommes engagés, à la suite du conflit étudiant sur la hausse des droits de scolarité, dans une crise sociale dont nous ne voyons pas la fin, et notre premier ministre en profite de façon irresponsable et machiavélique pour semer la division entre les Québécois à de seules fins électoralistes. Et comment ne pas mentionner l’arrogance et le manque d’ouverture du même homme face à la génération qui prend dès maintenant la relève pour assurer l’avenir du Québec.

Puis, notre premier ministre met de côté le bien commun et l’environnement sans penser aux générations futures et vend nos ressources naturelles aux plus offrants sans débat public, en promettant des «jobs» et de l’argent pour les régions et les autochtones. Mettre en danger la vie des gens d’ici en exploitant les gaz de schiste ou empoisonner des gens en Inde en leur vendant de l’amiante ne l’empêche pas de dormir, pourvu que ses petits copains puissent empocher des profits juteux.

La démocratie est également en danger quand le premier ministre impose aux étudiants et à leurs associations la Loi 78, qui brime leur liberté d’association et leur droit de manifester. Cette loi pourra être éventuellement utilisée pour s’en prendre à d’autres groupes qui s’opposent aux intérêts qu’il défend. Et lorsqu’on sait qu’il intervient dans la nomination des juges, on peut se poser des questions sur l’intégrité du système judiciaire.

Nous assistons aussi à un détournement de démocratie quand des forces occultes issues du milieu des affaires et du milieu syndical décident pour nous, avec la complicité du Parti libéral et en catimini du type, de société que nous voulons pour le Québec.

La situation actuelle nécessite que toutes les personnes et les partis politiques, toutes tendances confondues, qui partagent des valeurs communes comme l’intégrité, l’honnêteté, la démocratie et le bien commun, unissent leurs forces pour renverser ce gouvernement que nous avons déjà enduré trop longtemps.

Le chaos, ce serait que Jean Charest et les libéraux soient réélus.

Yves Chartrand, Montréal    

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