Paradis de la cruauté animale

Wicca a beaucoup fait parler d’elle cette semaine, puis elle est partie. Encore un autre chien de type pitbull victime de discrimination et d’abus de pouvoir de la part de la Ville de Montréal. (Vous rappelez-vous Lennox, mis à mort le jour même où Wicca a été «jugée»?)

Après avoir griffé une dame et effrayé un ambulancier, la chienne de cinq ans s’est retrouvée dans la mire de la Ville. Bien que le rapport de police ne mentionne pas de morsure et qu’aucun rapport médical n’ait été produit à l’égard des blessures de la victime, un fonctionnaire a décidé que Wicca était un chien dangereux. On refuse de la rencontrer ou de lui faire passer un test de comportement, puis on demande sa mort sans délai. Le Berger Blanc, qui avait la garde de la chienne en attendant son exécution, affirme qu’elle est gentille, nullement agressive, et qu’elle fait montre d’un bon comportement. Pourtant, il faut à tout prix protéger le public de cet être agressif et meurtrier! Vite, vite, il faut l’abattre avant qu’il soit prouvé qu’elle n’est pas réellement dangereuse!

Il y a 14 heures, je lis l’annonce de la mort de Wicca et, à peine une heure plus tard, un ami mexicain, qui n’a pourtant jamais mis les pieds au Canada, me fait savoir combien il est indigné et attristé par cette histoire. La page Facebook «Save Wicca», comptant plus de 20 000 partisans, permet de voir des mots d’encouragement, de dégoût et de tristesse fusant de partout dans le monde. Un organisme américain souhaitait même acquitter l’ensemble des frais pour faire venir Wicca et la prendre en charge.

Cette chienne et son maître n’ont néanmoins fait l’objet d’aucune compassion ni d’aucune pitié.

Encore une fois la risée de tous, le Québec contribue à renforcer l’opinion internationale selon laquelle nous vivons au «paradis de la cruauté animale», endroit où les animaux sont considérés comme des biens de consommation, où procédures et chirurgies barbares sont encore admises et où rien n’est fait pour empêcher la prolifération des usines à chiots. Oui, bien sûr, «au Québec, les priorités sont la santé et l’éducation».

Mais encore, nommez-moi une seule province qui ne partage pas ces priorités! Et pourtant, les autres provinces et pays n’en demeurent pas moins capables de protéger les intérêts de nos compagnons poilus. J’ai honte.

Ariane Bilodeau, Boucherville

Plus matures que leur âge

J’ai été fâché par la lettre de Francine Laplante publiée jeudi dernier dans Métro concernant l’âge de Léo Bureau-Blouin. Il y a beaucoup de personnes qui sont plus matures que leur âge. Ce n’est pas tout le monde qui songe à fonder une famille à 20 ans. Auprès de la Fédération des étudiants collégiaux du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin a dû en manger, des claques; cela ne devait pas toujours être facile!

Le Québec parle
d’encourager la relève, et je crois que c’est un bel exemple de voir quelqu’un de 20 ans qui fait le choix de se présenter comme député sur la scène provinciale. À 20 ans, j’ai géré un organisme sans but lucratif; j’avais des comptes à rendre auprès du municipal, du provincial et du fédéral, et je n’ai pas appris cela sur les bancs d’école! Actuellement, j’ai 22 ans.

N’est-ce pas de la matu­­-rité et de vraies responsabilités que de négocier à 20 ans avec un gouverne­ment, que de tenter de convaincre des manifestants de se disperser, que de convaincre des policiers de ne pas effectuer d’arrestations au cours d’une manifestation déclarée illé­gale, que de représenter une fédération qui est composée de plus de 80 000 personnes?

Sur la scène fédérale, en 2011, le Québec a choisi de voter pour de jeunes candidats jugés sans expériences. Au début, ils ont dû se faire dévorer au Parlement, mais ils ont continué malgré les critiques affirmant qu’ils étaient des «poteaux» et que la population voulait Jack Layton. Le Bloc québécois a connu une débâcle et son slogan Parlons Québec! n’a pas dû l’aider. Malgré les éléments que j’ai énoncés, les gens râlent sur l’âge.

Malgré que Léo Bureau-Blouin soit candidat dans la circonscription de Laval-des-Rapides auprès du Parti québécois, notre premier ministre Jean Charest, qui oublie son mandat de ministre de la Jeunesse, devrait être fier de voir des jeunes s’initier à la politique malgré les différends et les allégeances politiques! Si Léo Bureau-Blouin a fait le choix de se lancer en politique, c’est qu’il se sent prêt.

C. Desmarais, Montréal

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