Blâmons les gens Cette lettre répond à celle intitulée «Paradis de la cruauté animale» publiée hier dans cette page.

En lisant votre opinion, je ne peux qu’être d’accord avec vous : l’histoire de Wicca est triste, et cette chienne ne méritait pas ce qui lui est arrivé. Là où nos opinions diffèrent est l’endroit où vous semblez jeter la responsabilité. Vous dites que la Ville est coupable. Je dis que la mentalité d’aujourd’hui est coupable. Revenons 60 ans en arrière, au temps de mon grand-père. Tout le monde avait un chien, tout le monde connaissait les risques qui y étaient liés. Cependant, à l’époque, au lieu de crier au loup dès qu’un chien mordait ou griffait, on se demandait d’abord pourquoi il l’avait fait.

Si jamais il s’avérait que le petit voisin imbécile avait lancé une roche au chien et que la pauvre bête ne faisait que se défendre, le chien recevait une taloche, et l’enfant aussi! La faute n’était pas entièrement rejetée sur le chien. Ces chiens, la plupart du temps, étaient de fidèles compagnons, affectueux et joueurs.

Aujourd’hui, un chien mord, griffe, grogne et paf! Il est dangereux et on l’euthanasie. Peu importe qu’un enfant lui ait lancé une roche, ou bien qu’il ait été effrayé : cet animal diabolique est dangereux! Nous nous surprotégeons tellement que nous ne voyons pas à quel point ce raisonnement est stupide, et surtout cruel.

Les gens achètent un chien, et l’année d’après, ils l’envoient en refuge parce qu’il a mordillé le mollet de machin ou parce qu’il a grogné après zoin-zoin.

N’accusons pas seulement le gouvernement de faire preuve d’abus de pouvoir, blâmons les gens, les gens qui ne sont pas capables d’accepter les difficultés liées à l’éducation d’un compagnon canin et qui, plutôt que de fournir les efforts nécessaires pour bien élever leur animal, préfèrent s’en débarrasser dès les premiers signes de difficulté.

Sophie G. Sirois

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