Moins de sacs de plastique, mon œil!
Cette lettre réagit au texte «Les sacs de plastique sont en perte de vitesse», paru dans Métro le 24 juillet.
Mon œil! Les gens utilisent autre chose que des sacs en plastique tout en pestant, car ces sacs avaient été conçus pour chaque commerce et leur format était fort pratique. Notez que je suis pour le recyclage, comme n’importe quel écolo du Québec.
Le cartel des chaînes alimentaires n’a trouvé là qu’un produit de plus à vendre. D’ailleurs, ma chum a trouvé des caisses de sacs flambant neufs dans les conteneurs au moment du changement de modèle.
Une bouteille de vin ou deux se cassent sur le ciment devant la SAQ chaque semaine quand les gens oublient leurs sacs.
Où est passé le règlement disant qu’on ne peut sortir de boisson sans sac du
magasin? Ça vaut seulement pour le dépanneur?
Tant que la Ville de Montréal va exiger des sacs de plastique de tant de centimètres par tant de centimètres pour mettre les vidanges à envoyer au rebut, je ne crois pas pour une seconde qu’il y aura moins de plastique dans les décharges.
Le commerce des sacs de plastique est juste différent. Les gens doivent gérer ça selon leurs besoins; ils peuvent par exemple les recycler pour la litière des chats. Alors, quand ils ont oublié leurs sacs de tissu, ils n’hésitent pas une seconde et en achètent en plastique.
Janine Larose, Laval
Détournement de sens
M. Charest nous rebat les oreilles avec sa volonté de faire respecter l’accessibilité à l’éducation. Pour lui, depuis le début de la crise et jusqu’à maintenant, le principe d’accessibilité à l’éducation se confond – et se réduit – à la capacité pour les étudiants «au carré vert» d’entrer librement dans leurs salles de cours. Ce faisant, le PM refuse d’admettre la légitimité
de la lutte étudiante, dont l’objectif premier est précisément de permettre à toutes et à tous de poursuivre des études collégiales et universitaires, peu importe leurs ressources financières – ce qui est la vraie signification de l’accessibilité à l’éducation.
À cette accessibilité universelle, le PM Charest oppose une amélioration de ces prêts et bourses qui obligent les étudiants moins fortunés à quémander et à s’endetter pour des années. Ce statut de quémandeur maintient ces personnes dans une certaine insécurité causée par l’attente de la décision qui leur permettra, ou non, de poursuivre les études commencées. Il en fait aussi de bons consommateurs emprisonnés dans la spirale de l’endettement, formule inhérente au système économique en place.
En ayant recours à un autre principe néolibéral, celui de l’utilisateur-payeur, ce gouvernement (néo)libéral se rend responsable d’une autre dangereuse réduction en faisant de l’éducation une simple marchandise; il néglige volontairement le fait que l’éducation a des retombées collectives que n’ont pas l’auto ou les autres marchandises, produits de consommation individuelle.
Le danger que représente le discours de M. Charest, c’est qu’à force d’entendre le PM répéter à satiété ces mantras, de nombreuses personnes adhéreront à son programme. Au seuil du déclenchement des élections, il est important que jeunes et vieux – tous atteints par l’abominable Loi 78 – travaillent à démasquer ce discours trompeur et ne s’y laissent pas prendre.
Normand Breault