La CAQ et la division du vote

Jean Charest peut bien se rassurer sur l’effet avantageux de division du vote que pourrait engendrer la popularité de la Coalition avenir Québec (CAQ) au moment des élections générales du 4 septembre. Il y a quelques mois, il affirmait que la CAQ cannibaliserait les électeurs traditionnels du Parti québécois (PQ), permettant aux libéraux, à son avis, de devancer les candidats du PQ dans plusieurs circonscriptions. Néanmoins, les faits parlent autrement.

Tout d’abord, les sondages montrent un phénomène inversement proportionnel : lorsque la CAQ perd des appuis dans la population, autant le PQ que le Parti libéral du Québec (PLQ) en profitent dans les intentions de vote.

Par ailleurs, le PLQ et la formation de François Legault sont au diapason sur plusieurs thématiques : tous deux sont à l’écoute du monde des affaires avec un penchant antisyndicaliste – la plupart de leurs candidats sont des notables ou des gens d’affaires –, ils prônent communément le statu quo en matière constitutionnelle – malgré la prétention de Jean Charest de décrire la CAQ comme un parti souverainiste – et, finalement, autant la CAQ que le PLQ sont d’accord sur la hausse des droits de scolarité ainsi que sur l’application de la Loi 78.

Sans compter que la CAQ attaque directement, avec les candidatures de Jacques Duchesneau et de Gaétan Barrette, les axes politiques constituant le talon d’Achille du parti au pouvoir, c’est-à-dire la lutte à la corruption et la santé, deux domaines où les libéraux ont échoué.

En santé plus particulièrement, les électeurs plus âgés, traditionnellement favorables au PLQ, seront fortement tentés, cette fois-ci, de choisir la CAQ afin de s’assurer des services médicaux rapides dans l’avenir…

En somme, plusieurs électeurs libéraux déçus de l’administration de Jean Charest pourraient donner leur voix au parti de François Legault, plus spécialement dans la région de Québec, où la lutte à deux  se fera sans le PQ.

Avant de suggérer une division du vote favorable au PLQ, M. Charest, il faut considérer ces éléments.

Jimmy St-Gelais, Saint-Jérôme

Les deux de pique du PQ

Si l’avocate du Parti québécois ne s’en était pas prise avec autant de virulence à Jacques Duchesneau lors de son témoignage devant la commission Charbonneau en juin, celui-ci aurait peut-être considéré la possibilité de joindre les rangs du PQ. Mais comment cela aurait-il été possible après cette charge à fond de train?

Et le voilà rendu à la Coalition avenir Québec, vers laquelle, fort de sa réputation d’incorruptible, il drainera vraisemblablement beaucoup de suffrages, au détriment surtout du parti de Pauline Marois.

Le PQ aurait intérêt à se délester de ses deux de pique, spécialement ceux qui ne voient pas plus loin que leur nez. Il fallait faire profil bas en juin et prendre son mal en patience.

Sylvio Le Blanc, Montréal

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