Granby veille au grain

De tous les festivals de chanson du Québec, celui de Granby est confortablement installé au haut de l’échelle de mon appréciation. Comme le chantait si bien Félix Leclerc : «L’argent est en bas de l’échelle/Et le talent par en haut/C’est pourquoi personne en haut/Pourtant la vue est plus belle.» Oui, le talent est souvent la plus grande des richesses, mais il n’est pas donné à tous.

En ce sens, le Festival international de la chanson de Granby veille au grain depuis 44 ans. Qui plus est, cet événement culturel valorise de fort belle façon la chanson d’expression française. Le directeur artistique et général du festival, Pierre Fortier, ne se gêne pas pour dire que «chanter en français est un geste politique, alors que chanter en anglais est un geste économique». La dernière cuvée de ce rendez-vous, qui a pris fin samedi, a encore une fois permis de constater que la chanson en français se porte bien et que la relève est de qualité.

Des artistes de la chanson francophone, aujourd’hui bien établis ou qui sont carrément devenus de grands noms de la chanson québécoise, ont été lauréats du Festival de Granby, dont Lynda Lemay, Marie-Denise Pelletier, Luc De Larochellière, Jean Leloup ou encore Pierre Lapointe. Quand arrive la fin de la saison estivale, je sais depuis maintenant plusieurs années que nous cheminons vers l’automne tout en chanson avec Granby.

Yvan Giguère, Saguenay

Investir dans une vraie démocratie

Les patrons et le grand capital nous considèrent comme des ressources humaines. Nous sommes donc sur le même pied que les ressources financières ou la machinerie. Nous sommes des instruments malléables susceptibles de gestion sans aucun état d’âme.

Certains politiques préfèrent gouverner majoritairement avec la minorité des voix plutôt que de convaincre la population de voter pour des programmes favorisant le bien commun, travail qu’ils devraient faire si nous disposions d’un scrutin proportionnel.

Certains politiques croient que la démocratie consiste à voter tous les quatre ans et que, le reste du temps, la population n’a qu’à prendre son mal en patience.

Certains politiques confondent représentation et direction. On serait élu pour dire aux autres quoi faire plutôt que pour les écouter.

Certains politiques croient que le mécontentement qui s’exprime dans la rue n’est pas légitime. Ce sont pourtant les mêmes qui croient qu’il ne faut pas contrarier la police quand elle défile dans les rues.

Le langage gestionnaire est en train de pervertir toutes les notions qui nous servent de repères, de sorte que nous glissons dans les ornières des manageurs. Ainsi l’administration, la gestion, le gouvernement, la conduite se fondent dans une «gouvernance» dont on nous impose les paramètres.

Ainsi, même les élus syndicaux qui forment les comités exécutifs, bien nommés, car ils sont des exécutants liés à des mandats, sont subrepticement transformés en dirigeants syndicaux.
Ainsi, la «saine gestion» fait consensus, alors même que personne ne nous a demandé notre avis sur ce que doit être la saine gestion.

Certains s’imaginent qu’après une élection, tout doit rentrer dans l’ordre, mais l’ordre de qui? Un gouvernement doit-il recevoir un chèque en blanc? N’a-t-il plus besoin de consulter? Les groupes sociaux devraient-ils se dissoudre?

Les APAQ, Assemblées populaires autonomes de quartier, semblent une forme de réponse à ces questions. Cela dit, toutes les formes d’organisation existantes – mouvements sociaux, partis politiques, syndicats – peuvent être revitalisées si elles sont investies par cette volonté démocratique.

Ce qui a fleuri au printemps se fanera-t-il cet automne?

Francis Lagacé, Montréal

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