Ah! qu’il est beau!

«Ah! qu’il est beau, qu’il est charmant! Ah! que ses grâces sont parfaites..», nous dit un cantique de Noël bien connu. Cela peut très bien s’appliquer à Justin Trudeau. C’est vrai qu’il a tout ce qu’il faut du dehors… mais a-t-il tout ce qu’il faut en dedans?

Dans son discours, il a fait l’apologie de la classe moyenne et du Parti libéral du Canada. C’est très bien, mais ça manque un peu de substance. Il ne nous a pas dit quel était son plan de match, quelle était sa vision du Canada, ni où il voulait nous amener (ce qu’a fait le Dr Philippe Couillard pour le Parti libéral du Québec). Ça m’a fait l’effet d’une mer de mots dans un désert d’idées. Certes, il a beaucoup de charisme et s’exprime fort bien. Chacun en conviendra. Sans être un tribun, il a un certain style, une certaine rhétorique. Mais son discours manquait d’étoffe, manquait de punch.

Bien sûr, on dira qu’il est encore jeune, qu’il n’a pas suffisamment d’expérience et qu’il pourra se rattraper plus tard, mais saura-t-il exposer ses idées? Car c’est là, en fait, où il a fait moins bonne figure. Sera-t-il en mesure de nous expliquer ce qu’il veut faire comme chef du Parti libéral du Canada, et, éventuellement, comme premier ministre? Je suis prêt à laisser la chance au coureur. Cependant, il a besoin d’être plus convaincant du point de vue de ses idées.

Michel Melanson, Notre-Dame-de-Grâce

La misère des riches

À en croire le tollé de la droite économique qui a suivi les annonces de centre gauche du nouveau gouvernement du Parti québécois, le Québec est devenu une république socialiste, et Pauline Marois, la «Hugo Chavez» du nord des
Amériques.

La principale pierre d’achoppement est l’implantation de nouveaux paliers d’impôt pour les contribuables gagnant 130 000 $ et plus par année – la critique provenant évidemment du fameux 1 % (plus ou moins) tant décrié par le mouvement Occupons/Occupy.

On ne peut les blâmer de chercher à protéger leurs intérêts. Mais, en dressant l’épouvantail socialiste et en augurant la pire catastrophe économique avec l’application de cette mesure, les tenants du libéralisme économique classique au Québec montrent un aveuglement tout autant réactionnaire que sectaire.

Ils oblitèrent deux des causes principales de la crise financière et économique de 2008, dont nous sommes toujours sous l’emprise : l’écart grandissant des richesses depuis les années 80 et le fardeau fiscal indu de la classe moyenne, qui l’étouffe et la pousse à s’endetter.

Ils nous ressortent la sempiternelle rhétorique : ils doivent toujours être plus riches et encore plus riches pour le bien de tout un chacun. Cependant, cet axiome est faux, comme l’ont démontré maintes études, dont une de Statistique Canada.
Cette dernière a étudié les

30 dernières années dans l’objectif d’étayer la thèse d’une corrélation entre la baisse d’impôt des compagnies ainsi que des nantis et l’accentuation de l’investissement privé dans l’économie avec comme résultante espérée une hausse de l’emploi. Or, aucun lien n’a été trouvé entre ces deux éléments.

La classe opulente peut bien évoquer, avec des menaces vides, une expatriation du sol québécois des professionnels et des investisseurs. Mais, avant de le faire, elle devrait considérer le faible coût d’existence et la bonne qualité de vie au Québec pour un maigre 1 800 $ en impôt supplémentaire pour ceux ayant un revenu imposable de 200 000 $…

Finalement, les nantis devraient se réjouir de verser leur juste part pour permettre l’établissement d’une société plus juste et donc plus sécuritaire. Ce n’est qu’un simple retour du balancier après trois décennies d’iniquité. Car tout est relié, et en l’absence d’une solidarité minimale entre les individus, tout le monde en paie le prix social, incluant les plus riches.

Jimmy St-Gelais, St-Jérôme

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