Où êtes-vous, chères casseroles?

Au printemps dernier, pendant l’heure obligée que prenait ma traversée du pont Jacques-Cartier à la suite du blocage étudiant, j’entendais à la radio les revendications de ces derniers au sujet de la gratuité scolaire. Le corps étudiant appuyait ses actions en décriant la mauvaise administration financière des écoles postsecondaires. Le capital de sympathie s’accen­tuant envers nos pauvres étudiants, nous avons même eu droit à une certaine solidarité sociale qui a pris forme sous l’appellation des «carrés rouges». Ce mouvement congestionnera certaines parties de la ville et enlèvera, par le fait même, toute envie à notre famille de banlieusards d’effectuer notre pèlerinage hebdomadaire vers la ville, lieu de bonne restauration et de vie culturelle que nous apprécions.

Puis est venu le tintamarre des casseroles. Les gens avaient décidé de profiter du mouvement étudiant comme fer de lance vers une cause encore plus noble : l’appareil gouvernemental dans son ensemble ne plaisait plus. Nous avions besoin d’une réforme en profondeur du système. L’odeur de magouille émanant du pouvoir politique a si bien galvanisé le battement des casseroles que le parti au pouvoir s’est senti «obligé» de lancer des élections provinciales. La répartition des votes démontrera que la population, avec l’entrée en scène de la CAQ, constate que nous avons trois chances de voter pour les mauvaises personnes au lieu des deux habituelles…

Au fur et à mesure que la Commission Charbonneau creuse les trottoirs, pose l’asphalte et commande l’expertise de nos Génies Conseils, on aperçoit droit devant, la pointe de l’iceberg de la corruption. Et la base semble titanesque!

Si tout l’hôtel de ville s’est déguisé en bandit depuis belle lurette, c’est surtout son déguisement de clown qui tranche en cette période de l’Halloween. L’administration du maire Tremblay, futur candidat à la présidence de la Fondation Mira, vous dit, chers Montréalais, que la cagnotte de vos taxes ne peut suffire à la gourmandise des profiteurs du système. Devant ce malheureux imbroglio, on se doit d’augmenter votre compte de taxes. On a trop de gens à «graisser», désolés!  Le parti Union Montréal vient d’ajouter l’injure à l’insulte.

Et maintenant… Là, c’est le temps de sortir vos casseroles! Là, c’est le temps de vous faire entendre devant l’hôtel de ville. Mais où êtes-vous donc? Seriez-vous occupés à préparer vos excuses au magazine Maclean’s? Vous qui avez tant vociféré contre ses rédacteurs, qui alléguaient que le Québec était la province la plus corrompue. Finalement, ce n’est que le titre de «champion» qui vous chatouillait.

Et vous, brillants futurs diplômés qui avez porté votre cause au niveau de tous les maux, que faites-vous à l’aube de votre premier compte de taxes? Vous, qui vous teniez devant les portes des différents temples du savoir, empêchant ma fille d’entrer dans les salles de cours de l’université, qu’attendez-vous pour  vous tenir devant les portes du temple de la corruption qu’est l’hôtel de ville?

Sylvain Saindon, Saint-Bruno

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