Fêter la fin du lock-out?

En soi, le hockey professionnel n’a rien à voir avec la pratique sportive elle-même. Il est un vaste show organisé qui a su se développer au fil des années en favorisant au maximum la partisanerie sportive, ce qui lui assure la rentabilité comme entreprise financière. En fin de compte, comme n’importe quelle autre industrie privée, le hockey professionnel n’a qu’un but : faire le plus d’argent possible! Hauts salariés, les joueurs servent d’outils afin que les propriétaires d’équipes parviennent à leurs fins : se hisser vers le sommet du classement et faire ainsi fructifier d’énormes investissements.

La question qui se pose maintenant est de savoir si la production de tels spectacles de hockey sert la beauté du sport et met bien en valeur les talents des athlètes, ou si cette production, s’en tenant exagérément à l’aspect mercantile du spectacle, réduit le hockey à un vil marché entre propriétaires et joueurs. On comprendra alors que, si tel est le cas, ce n’est plus l’amateur de sport, ni le sport lui-même que l’industrie du hockey professionnel dessert, mais uniquement elle-même. C’est peut-être ce qui expliquerait la frustration actuelle de bien des partisans.

Pierre Desjardins, philosophe

Québec-Train : projet irréaliste

Ce texte réagit à une lettre publiée dans cette page hier.

Le projet de «Québec-Train» proposé par M. Voyer paraît bien sympathique sur papier, mais je ne vois pas comment on peut, de façon réaliste, en arriver à défendre une telle idée. Via Rail dépend de ses subventions, même pour la partie la plus achalandée de ses services entre Québec et Windsor, ce qui comprend le «triangle» Montréal-Ottawa-Toronto.

On pourrait toujours rétorquer que la rentabilité n’est pas la raison d’être de ce projet. Néanmoins, la composante des coûts est une dimension incontournable. Le Québec est 3 fois grand comme la France, avec une population 10 fois moins importante. Bien sûr, l’essentiel de la population québécoise est concentré dans le sud, mais cela ne signifie pas que les pôles urbains du Québec soient assez dynamiques ou habités pour justifier le fait de les relier par chemin de fer. Actuellement, Via Rail ne remplit pas ses trains la majeure partie de l’année, et les compagnies de transport par autocar ne manquent pas de place dans leurs véhicules. Comment justifier le fait de dépenser des centaines de millions de dollars pour tapisser le Québec de voies ferrées alors que la demande n’est pas au rendez-vous?

Le service actuel de train, les autobus interurbains et même le covoiturage interurbain répondent déjà à l’essentiel des besoins en transport pour ceux qui, comme moi, n’ont pas de voiture. A-t-on vraiment besoin d’en rajouter une couche, à un prix énorme par rapport aux bénéfices anticipés? Si le Québec a besoin de grands projets mobilisateurs, pourrions-nous à tout le moins lui épargner des éléphants blancs que les générations futures seront obligées de rembourser?

Louis L’Italien, Verdun

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