La pertinence des cégeps : un débat dépassé

M. Moreau,

Lors du débat à la candidature de la chefferie du Parti libéral du Québec, vous avez remis en question la pertinence des cégeps. Ce débat est dépassé. Le taux de diplomation universitaire dont vous faites mention n’a strictement rien à voir avec la pertinence des cégeps. Au contraire, selon une étude de Pierre Fortin publiée en 2004 : le Québec occupe le premier rang au Canada en matière de diplomation postsecondaire, avec un taux de 69 %, alors que l’Ontario arrive au second rang à 61 %. Plus récemment, en 2011, des données de Statistique Canada révélaient que 44 % des jeunes âgés de 18 à 24 ans au Québec détenaient un diplôme postsecondaire, alors que la moyenne canadienne se situait à 31 %.

Devant le paradoxe du taux de décrochage des jeunes Québécois au niveau secondaire et la position enviable du Québec en matière d’obtention de diplômes au niveau postsecondaire, il faut pouvoir comprendre l’apport des cégeps. Le caractère unique de notre système d’éducation est donc un gain, surtout à un moment où le Québec désire favoriser la réussite scolaire et anticipe une pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs secteurs économiques.

En plus de contrer les inégalités sociales, les cégeps améliorent la qualification de la main-d’œuvre et soutiennent la recherche, le développement et l’innovation. Les cégeps favorisent l’essor économique des régions tout en offrant des services de proximité aux étudiants ainsi qu’aux entreprises, avec lesquelles ils effectuent des transferts de connaissances.

La moitié des étudiants fréquentant les cégeps suivent une formation technique. Selon un sondage réalisé auprès des conseillers en ressources humaines agréés, plus de 91 % estiment que les compétences techniques de base des diplômés sont de «conformes à très supérieures» à leurs attentes. L’autre moitié des étudiants est inscrite au préuniversitaire. De ce nombre, 80 % poursuivent leurs études au niveau universitaire.

Je pourrais vous citer encore des statistiques et des chiffres, mais l’essentiel est que vous compreniez que ce n’est plus le temps de faire un débat sur la pertinence des cégeps, qui ont fait leurs preuves depuis plus de 40 ans. Il faut plutôt se pencher sur les enjeux réels auxquels ils font face, notamment leur maintien en région, la stabilité financière du réseau et l’amélioration des services aux étudiants en situation de handicap.

Jean Beauchesne, Président-directeur général de la Fédération des cégeps

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