N’existe que l’image

Cette lettre répond à une autre publiée dans cette page vendredi.

La psyché contemporaine est ainsi faite qu’il n’y a aucune place pour ce qui n’est pas attesté par une vidéo montrée 1 000 fois ou, à tout le moins, une photo qui fait le tour des médias.

C’est la pensée que m’a suggérée la lettre de Paul-André Allard dans le courrier des lecteurs de Métro vendredi.

Je cite l’affirmation qui y est faite: «Soir après soir, et ce, pendant des mois, des bandes de voyous armés de pierres et de cocktails Molotov s’attaquaient aux policiers, saccageaient des locaux, bloquaient des ponts, fracassaient des vitrines.»

Il est remarquable que, parmi les centaines de manifestations qui ont eu lieu, il y ait eu si peu de casse. Probablement moins, en fait, que pendant la seule émeute du 9 juin 1993, à la suite de la victoire du Canadien pour la coupe Stanley.

J’essaie en vain d’énumérer plus de trois établissements saccagés par des manifestants pendant le printemps érable. Malheureusement, les mêmes images revues 1 000 fois ont multiplié par 1 000 les dégâts. Il s’en trouve même, parmi les gens dont je respecte habituellement le jugement, pour me dire qu’ils en savent plus sur les manifs auxquelles j’ai participé parce qu’ils en ont vu un reportage de deux minutes à la télé.

N’ont pas été montrées 1 000 fois les marches particulièrement pacifiques, bon enfant, joyeuses et solidaires qui ont émaillé ce printemps érable.

On découvre aussi dans la lettre de M. Allard des amalgames qui mettent sur le même pied les cocktails Molotov (multipliés par 1 000), qui sont des actes criminels, et le blocage d’un pont, qui est une manifestation démocratique d’usage courant en d’autres pays.

N’existe que l’image; plus encore, n’existe que l’image dans la tête. Mais un gouvernement sourd qui légitime la répression de la dissidence aboutira tôt ou tard à des bruits qu’on ne pourra qu’entendre. Alors, les images s’effriteront peut-être.

Francis Lagacé, Montréal

Pas besoin du gouvernement

Après de longues recherches sur les pour et les contre d’un projet de loi pour légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, ma pensée est qu’il n’est pas nécessaire qu’un gouvernement intervienne dans la décision d’une personne en phase terminale de mettre fin à sa vie. Voici mon raisonnement, illustré par une expérience personnelle et une situation médicale hypothétique

Mon mari est décédé il y a quelques années. Son diagnostic était un durcissement progressif des alvéoles pulmonaires. Il a été suivi pendant nombre d’années. Deux semaines avant son décès, son état empirant très rapidement, il a été hospitalisé aux soins palliatifs. Il a reçu de l’oxygène et des sédatifs pour l’aider à se relaxer. Comme il était devenu graduellement inconscient et que son état s’aggravait, l’infirmière responsable, voyant sa fin approcher, m’a demandé si le tube à oxygène inséré dans ses voies nasales pouvait être enlevé puisqu’on voyait que cela le stressait. J’avais discuté avec mon mari sur l’acharnement thérapeutique. C’était son désir de ne pas prolonger sa vie plus qu’humainement possible et avec des procédures médicales normales. Quelques heures plus tard, il est décédé calmement. Tout cela pour dire qu’on lui a prodigué les traitements nécessaires afin de l’aider jusqu’au bout. Ça été un décès en toute paix.

En ce qui a trait à une personne qui souffre d’une longue maladie telle que la sclérose en plaques, l’alzheimer ou le parkinson et qui décide de mettre un terme à sa vie avec des méthodes qui lui sont personnelles ou avec l’aide d’une tierce personne, c’est son choix personnel qui prédomine, et une loi gouvernementale donnant à un médecin le droit de pratiquer l’euthanasie n’a pas sa raison d’être.

Joan Walker Payettte

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