Pour l’amour des personnes aînées

Luc (nom fictif) a 78 ans. Il habite le même logement depuis 15 ans, dans La Petite-Patrie, à Montréal. Il est seul et ses revenus sont modestes. Luc a ses habitudes : le dépanneur qu’il connaît bien, le CLSC qui le suit pour son diabète, le Club de l’âge d’or où il retrouve ses amis. L’hiver dernier, un coup de tonnerre l’a terrassé : un avis de reprise de possession de son logement par son propriétaire pour des fins d’agrandissement. Luc va devoir quitter un logement à prix raisonnable et, surtout, oublier tout ce qui constitue son univers, tous ses repères.

Cela se passe de plus en plus dans les quartiers centraux de Montréal. Des propriétaires s’unissent pour transformer des immeubles locatifs en condos et évincent les locataires. Les conséquences sont néfastes : hausse de la valeur des immeubles et diminution du nombre de logements à loyer modique, alors que beaucoup de Montréalais-ses peinent à se loger à prix abordable.

Il faudra bien trouver des solutions au fléau de la spéculation immobilière sans retenue. Entre-temps, il est impératif de protéger les personnes aînées. Voilà pourquoi j’ai présenté le projet de loi 190 à l’Assemblée nationale, un projet de loi tout simple : dans le cas où une personne aînée est en situation de vulnérabilité financière, physique ou psychologique, un propriétaire pourra encore reprendre son logement, mais il devra aider son locataire à se trouver un logement comparable dans le même arrondissement ou la même petite ville. Aucune éviction pour reprise ou agrandissement ne pourra avoir lieu en hiver. Normal, non?

Je propose donc un projet de loi qui fait appel à la solidarité sociale, à commencer par celle des propriétaires. Je souhaite de tout mon cœur que le projet de loi 190 soit débattu, enrichi et adopté. Pour l’amour des personnes aînées.

Françoise David, députée de Gouin

Notre juste part

Cette lettre répond à une autre intitulée «Les fonds de retraite» et publiée dans cette page mardi.

Le Québec est à la croisée des chemins, et l’un de ces chemins mène à la faillite, l’autre à la prospérité. Le gouvernement Couillard a décidé de s’attaquer aux déficits structurels qui minent notre économie de façon systémique pour nous engager dans la voie de la prospérité, qui est toutefois parsemée d’embûches et de parasites. Les parasites sont ces gens qui se mettent en travers de la route et qui ne cessent de répéter : «Pas dans ma poche.»
Il se trouve que les généreux fonds de retraite de la fonction publique provinciale et municipale, auxquels nous avons tous contribué, constituent l’un des obstacles majeurs nous empêchant de nous épanouir pleinement sur le plan économique. Ce sont des prérogatives syndicales obtenues par la négociation, mais aussi arrachées dans de nombreux cas par l’intermédiaire de menaces de grève ou de débrayage, de paralysie d’opérations ou de ralentissements de travaux, et parfois même de vandalisme. Qui ne se souvient des frasques du syndicaliste Jean Lapierre et de ses hordes de fiers-à-bras? Bref, les employés de la fonction publique, dont les conventions collectives blindées ont permis d’obtenir à la plupart de leurs membres une sécurité d’emploi à vie, n’ont pas l’autorité morale pour nous dire maintenant d’aller voir ailleurs, alors que notre gouvernement a pris la courageuse résolution de mettre à contribution tous ceux qui en ont les moyens pour le bien-être collectif.

Il y a de nombreuses catégories de travailleurs qui ne jouissent pas de fonds de retraite. Ce sont des travailleurs autonomes, des entrepreneurs, des artistes, des agriculteurs, des journalistes indépendants, des travailleurs saisonniers, etc., qui mériteraient tout autant de terminer leur vie dans la dignité, mais qui sont hélas trop souvent contraints à l’indigence et à l’insécurité.

Nous avons tous le devoir d’accepter de faire notre part pour qu’on puisse assainir nos finances publiques et ainsi nous affranchir du carcan budgétaire qui limite nos initiatives en matière d’économie et d’emploi.

Paul-André Allard, Montréal

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