Ne plus se déshumaniser

En transport en commun, le civisme de base est tout simple : laisser les gens sortir avant d’embarquer, enlever son sac à dos, céder sa place au besoin. Je m’adresse maintenant spécifiquement à la personne qui m’a envoyé un violent coup de coude au sein au métro Lionel-Groulx dans son empressement de courir de la ligne orange à la ligne verte le lundi 29 septembre vers 18 h 30 : j’ai eu mal toute la soirée et j’ai encore mal aujourd’hui.

J’écris ceci parce que même si on ne se connaît pas, et même si on ne se reconnaîtrait pas si on se croisait à nouveau, je cherche à comprendre. Est-ce que le rythme du métro-boulot-dodo est devenu si frénétique que c’est devenu justifié d’agir de la sorte pour gagner deux secondes? Est-ce plutôt un reflet de l’individualisme et de la désensibilisation qui «déshumanisent» : on «fesse» dans le tas sans penser à l’humain qui reçoit le coup? Cet humain est une mère qui elle-même était pressée (puisque nous le sommes tous) d’aller faire le souper pour sa famille, puis conduire sa fille à une pratique sportive et qui aujourd’hui a mal.

Marie-Claude Piguet

Appel à la vigilance

Cette lettre fait écho à un article sur la mort de la cycliste Mathilde Blais, pubilé dans Métro mercredi.

Hier, j’ai vu un spectacle qui m’a vraiment horrifiée.

Vers 18 h 15, sur la rue Queen- Mary, devant l’oratoire Saint-Joseph, une femme circulait à vélo avec son enfant de 2 ans environ dans un siège arrière. Le soleil commençait à se coucher. Les voitures passaient groupées au rythme des feux de circulation, à bonne vitesse sur cette route à quatre voies sans bas-côté. Le large trottoir était vide… Mais la maman circulait sur la route, pressée sur la bande blanche du côté.

L’image de cette publicité qui fit grincer des dents – et pour cause – se superposa à ce que je voyais : pour vanter les mérites sécuritaires d’une voiture, on avait représenté deux pots allant se fracasser l’un contre l’autre à toute vitesse; l’un était en acier, l’autre en poterie. La symbolique est suffisamment parlante.

Et je me demandais : est-il raisonnable d’exposer le petit crâne de son enfant – fut-il casqué – à des automobiles en mouvement?

En cas de chute, ne serait-il pas mieux recueilli par des bras, un torse plutôt que par les roues d’une voiture? J’en frémis encore.

Maaaais! Sur un trottoir un accident pourrait être dra-ma-tique! Pourtant, si on applique la technique «du rouler len-te-ment», le choc du bébé avec un passant sera toujours moins dramatique, tant pour le bébé que pour la maman et pour le tiers. Qui n’aimerait pas mieux se casser la jambe pour sauver une vie, que vivre avec un cadavre sur la conscience!

Les piétons aussi manifestent parfois beaucoup, mais la situation prime. Une fois, passant avec mon enfant sous un viaduc, j’ai été interpellée par un homme parce que je circulais sur le trottoir.
Il m’a sommée d’aller dans la rue. Je lui ai rétorqué, fâchée :
«assassin!», et nous avons continué. Mon fils a trouvé que j’y allais fort… jusqu’à l’histoire réellement tragique de Mathilde Blais.

Avant de penser loi, pensez vie et protection, au-delà de ce qu’il est ordonné de faire. Le monde n’est pas fait à la perfection, notre vigilance participative et réfléchie est primordiale.

Sandra Zéline

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