Condamner la violence

Madame la ministre de l’Éducation, nous sommes scandalisées par votre attitude face à la soi-disant violence associée à la lutte étudiante.

Vous pointez du doigt quelques actions de vandalis­me menées par une poignée d’individus agissant en leur propre nom, alors que le mouvement s’est avant tout caractérisé par un pacifisme et une créativité exemplaires. De votre côté, vous avez cherché à imposer aux étudiants des mesures financières intolérables, vous avez méprisé nos revendications, envoyé les forces de l’ordre, soutenu des bavures policières, ignoré nos demandes. Les étudiants et professeurs subissent quotidiennement l’intimidation et la violence physique et morale des policiers et des agents de sécurité sur les campus et dans la rue… et vous voudriez que les étudiants condamnent la violence? De quelle violence parlez-vous?

Votre jeu, qui consiste à «diviser pour mieux régner», ne trompe personne. Serait-ce que la CLASSE, dont les porte-parole sont particulièrement éloquents et articulés, vous fait craindre de ne pas être à la hauteur?

Il est grand temps que vous laissiez de côté ces questions sémantiques
et ce jeu démagogique pour vous asseoir avec toutes les associations étudiantes afin de discuter des enjeux qui sont débattus avec énormément de sérieux par le mouvement étudiant depuis près de 10 semaines déjà.

Julie Faubert, étudiante au Ph.D. en aménagement, Université de Montréal; Anne Goldenberg, Ph.D. en communication, UQAM; et Aude Maltais-Landry, étudiante à la maîtrise en histoire, Concordia

Une  occasion en  or

J’ai longtemps considéré le Québec dans le lequel je vis comme un paradis émancipateur. La liberté que mes concitoyens expérimentent chaque jour peut faire rougir la majorité des peuples de ce monde. Néanmoins, cette liberté accompagnée d’une équité exemplaire reflétant les valeurs québécoises instaurées auXXe siècle est, de nos jours, menacée. Les multinationales, les investisseurs privés, les mastodontes de l’économie de marché ont pris contrôle de notre pays. Ils ont transformé l’État en pantin néolibéral prêt à sacrifier le bien-être de ses électeurs au nom de la privatisation exacerbée des richesses communes à tous. Cette dynamique justifie pleinement le mouvement de mécontentement général qui enflamme notre pays. Les étudiants incarnent présentement cette ire, mais ils ne sont pas seuls. Les causes sont nombreuses et variées. Il faudra tout de même trouver une façon de faire front commun si nous voulons construire un Québec dont nous pourrons être fiers.

Dimanche, une occasion en or est donnée aux citoyens de ce pays d’unir leurs voix afin de renverser la tendance mondiale qui se veut polarisante en termes de richesse et aberrante en termes de respect des individus et de l’environnement. Des décisions importantes seront prises sous peu,
l’urgence de s’impliquer dans cette conjoncture qui définira le contexte québécois des décennies à venir est bien présente. Ainsi, dans le but de faire respecter les droits des Québécois dans de nombreux dossiers environ­nementaux et sociaux, la première étape est de montrer que le bien commun nous tient à cœur. Dans le but de faire entendre au gouvernement en place et à ceux à venir quelles sont les priorités québécoises, rassemblons-nous pour faire éclore le Printemps québécois.

François Papale, étudiant au baccalauréat en anthropologie à l’Université de Montréal

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