Faute avouée à demi pardonnée…

Si moi, petit travailleur de mon état, je fraudais mon employeur… ou pire, le gouvernement, pourrai-je m’en tirer à bon compte? Bien sûr que non. Dans le meilleur des cas, je pourrais plaider coupable pour une sentence réduite. Je devrais alors expliquer mon crime dans mes mots. Je devrais alors expliquer à quoi je plaide coupable. Bien sûr, si j’«omets» certains crimes, l’amnistie accordée par mon plaidoyer de culpabilité ne s’appliquera pas à mes «omissions». En d’autres mots, je devrais alors assumer mes responsabilités. Ça ne semble pas être le cas pour les entreprises qui nous ont fraudés. Elles pourraient ne pas être obligées de s’avouer coupables de quelque malversions que ce soit.

On voit beaucoup ce phénomène dans les procès environnementaux. Après un long procès, l’entreprise règle hors cour sans admission de responsabilité. Ainsi, lorsque survient la crise suivante, l’entreprise peut dire qu’elle n’a jamais été condamnée pour des violations environnementales. On peut craindre que la même logique soit utilisée au sujet des fraudes et de la corruption dans la construction et le génie. Évidemment, pas d’aveu, pas d’information rendue publique. On maintient donc l’opacité qui régnait dans ces systèmes. On peut aussi craindre que le temps efface le souvenir de ces méfaits et que moult entreprises disent avoir payé «pour éviter un long processus, même si elles étaient innocentes». Déjà, SNC-Lavalin poursuit son bouc-émissaire (mais pas son ancien gestionnaire…). Le message est clair :ce n’est pas nous, ce n’est qu’une pomme pourrie.

Mais assez parlé du passé. Voyons l’avenir. Ce qu’on veut éviter, c’est une récidive.

Qu’importe la thérapie qu’on choisit, elles sont toutes basées sur un même principe : l’individu reconnaît sa responsabilité pour les actions qu’il a posées et reconnaît aussi sa responsabilité dans le processus de changement. Même la meilleure thérapie du monde ne peut aider quelqu’un qui ne se croit pas responsable de ses actes. Il en va de même pour une entreprise. Il n’y aura pas de véritable changement si elles n’en voient pas l’obligation. Et celle-ci passe par l’admission de leur responsabilité.

Certains disent qu’un aveu de culpabilité pourrait bloquer certains marchés à nos compagnies. On peut s’interroger sur la volonté politique de respecter cette restriction si on accepte de passer sous silence la culpabilité de certaines compagnies. Mais imaginons un instant que cette volonté soit réelle. L’entreprise devra alors faire la même chose que le fraudeur particulier : montrer patte blanche et montrer qu’elle a vraiment changé.

On ne parle pas ici de paroles vides. L’adoption d’un simple petit code d’éthique ne vaut pas plus que les sempiternelles promesses du genre :«cette fois, je vais vraiment changer». De toute façon, il faudrait être assez naïf pour croire que les responsables ne savaient pas que ce qu’il faisait était croche et qu’un code d’éthique les renseignera à l’avenir. Il faudra prendre de véritables mesures, concrètes et mesurables, et se doter d’un mécanisme de vérification indépendant et de conséquences réelles en cas de récidive.

Je termine par une simple question adressée aux entreprises visées : une condamnation pour fraude réduit-elle à néant les chances d’un candidat à obtenir un poste chez vous? Si oui, ne croyez-vous pas que vous pourriez pratiquer ce que vous demandez pour vous?

Hugo Brossard

Dans l’ombre des grands

Dans le merveilleux monde du sport, les étoiles ne manquent pas. À cet égard, le décès de Claude Ruel ne suscitera pas autant de sympathie que celui de Jean Béliveau, et pour cause, me direz-vous.

Pourtant, à sa façon, Claude «Piton» Ruel a passé sa carrière à garnir le banc du CH de ces vedettes qui sont vite devenues les pôles d’attraction des fans du Tricolore. Ruel possédait un flair incomparable pour dénicher des jeunes et, plus encore, pour développer leur talent pour la LNH.

De plus, en tant qu’entraîneur-chef et entraîneur adjoint du CH, Claude Ruel a su tirer son épingle du jeu en demeurant un homme, non seulement respecté, mais aussi respectueux de ses joueurs.

Chapeau à vous, M. Ruel, et merci de vous être donné corps et âme pour les jeunes qui vous ont été confiés tout au long de ces années!

Henri Marineau

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