Voir les vrais enjeux au lieu de sabrer dans l’essentiel

Dans les prochaines semaines, on peut prévoir (encore) des discussions publiques au sujet des impôts et des taxes au Québec. Ces discussions seront lancées par la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise, qui doit déposer son rapport.

Nous sommes inquiets du scénario suivant : le gouvernement pourrait mettre l’accent sur quelques enjeux mineurs qui n’auront aucun effet positif sur l’économie du Québec. Pire, il pourrait continuer à couper dans des services essentiels, alors qu’il subventionne, à coup de milliards, des activités polluantes.

Voici un sommaire des coûts publics et sociaux, par véhicule et par année; des données qui devraient nous inciter à considérer les transports comme la priorité numéro 1 d’une réforme fiscale. Ces données proviennent d’un grand nombre d’études crédibles : GRIDD-HEC, Victoria Transport Policy Institute, Transport-Canada et gouvernement du Québec.

Deux mille cent cinquante dollars par le gouvernement du Québec et les municipalités; 1 000 $ par les entreprises qui fournissent du stationnement gratuit; 1 000 $ par les usagers pris dans la congestion. Cette évaluation de 4 150 $/véhicule/année ne tient pas compte des émissions de gaz à effet de serre et des subventions fédérales aux combustibles fossiles.

Sur un autre plan, on pourrait ajouter les coûts de l’étalement urbain, qui crée la dépendance à l’auto. Cet étalement multiplie les besoins de subventions pour les écoles, les infrastructures municipales, les routes, le transport scolaire… Ce constat est clairement soutenu par la Communauté métropolitaine de Montréal. Selon elle, l’étalement urbain de faible densité coûte très cher, en multipliant les besoins en infrastructures et en augmentant la longueur des déplacements.

Notre but n’est pas d’affirmer qu’une réforme doit limiter le développement. Au contraire, actuellement notre système fiscal et budgétaire est nuisible pour le développement du Québec, car il subventionne des activités polluantes et impose beaucoup de taxes sur le travail et l’emploi. Une réforme fiscale est souhaitable avec l’orientation suivante : augmenter le fardeau fiscal pour les activités polluantes et diminuer le fardeau pour la masse salariale (impôt sur le revenu ou autres contributions). Dans ce sens, nous avons proposé un grand nombre d’options dans le cadre des travaux de la Commission sur la fiscalité québécoise. Nous espérons que le gouvernement du Québec en tiendra compte.

Luc Gagnon, Ph.D., chargé de cours, ETS; Jean-François Lefebvre, Ph.D, chargé de cours en Sciences de la gestion, UQAM; Jonathan Théorêt, Directeur, Groupe de recherche appliquée en macroécologie (GRAME)

Les prisonniers politiques et les droits de la personne au Venezuela

Cette lettre répond à celle intitulée «Détérioration de la situation des droits de la personne au Venezuela», parue dans cette page vendredi dernier.

J’aimerais commencer en rappelant que Leopoldo Lopez est un politicien et activiste démocratique vénézuélien. Il est le chef d’un parti politique d’opposition composé de jeunes leaders de toutes les régions du Venezuela, qui promeuvent un message de conciliation, de paix et de prospérité.

Il est emprisonné depuis un an, après avoir été arrêté dans le cadre de manifestations pacifiques, parce que le gouvernement actuel ne permet pas la liberté d’expression. Sa détention a été arbitraire et illégale et son emprisonnement viole les libertés et droits de la personne garantis par le droit international et la constitution vénézuélienne.

Vous accusez injustement les Vénézuéliens d’être un peuple violent et meurtrier. Pourtant, il est très évident que le seul ayant du pouvoir, de la force et des armes est le gouvernement de Nicolas Maduro.

Contrairement à ce que vous affirmez, Irwin Cotler, député et porte-parole libéral en matière de droits et libertés et de justice internationale, n’est pas dans le tort. Il a une expérience humanitaire reconnue mondialement et il agit seulement comme il le pense. Il a raison et il représente jusqu’à ce jour la plus grande aide du gouvernement canadien que le peuple vénézuélien ait reçu pour faire face à la crise politique sociale et économique qui dévaste le pays.

Juliana Cano

Aussi dans Courrier des lecteurs :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!