Au-delà du 8 mars

Et si le questionnement sur la condition de la femme ne se limitait pas au 8 mars? Le 7 janvier 2015, partout sur la planète, des foules ont dit : «Je suis Charlie».

Pourquoi, le 6 décembre 1989, personne n’a énuméré : je suis Geneviève Bergeron, je suis Hélène Colgan, je suis Nathalie Croteau, je suis Barbara Daigneault, je suis Anne-Marie Edward, je suis Maud Haviernick, je suis Barbara Klucznik-Widajewicz, je suis Maryse Laganière, je suis Maryse Leclair, je suis Anne-Marie Lemay, je suis Sonia Pelletier, je suis Michèle Richard, je suis Annie St-Arneault, je suis Annie Turcotte?

Pourquoi, le 22 décembre 1989, personne n’a affirmé : Je suis Monique Stocker?

Pourquoi, le 31 décembre 1993, personne n’a déclaré : Je suis Teena Brandon?

Pourquoi, le 25 avril 1998, personne n’a prononcé : Je suis Mermeline Leblanc Bourdage?

Pourquoi, le 3 décembre 1998, personne n’a énoncé : Je suis Marie-Pier Joly, je suis Valérie Girard?

Pourquoi, le 6 août 2002, personne n’a clamé : Je suis Sarah de Vries?

Pourquoi, le 1er août 2003, personne n’a revendiqué : Je suis Marie Trintignant?

Pourquoi, le 12 mars 2006, personne n’a exprimé : Je suis Aber Qassim Hamza?

Pourquoi, le 30 juin 2009, personne n’a acquiescé : Je suis Rona Amir Mohamed, je suis Zaina Shafia, je suis Sahar Shafia, je suis Geeti Shafia?

Pourquoi, le 6 octobre 2010, personne n’a considéré : Je suis Nouténé Sidimé?

Pourquoi, le 28 novembre 2011, personne n’a proclamé : Je suis Marjorie Raymond?

Pourquoi, le 4 septembre 2012, personne n’a scandé : Je suis Pauline Marois?

Pourquoi, le 28 décembre 2012, personne n’a pleuré : Je suis Jyoti Singh Pandey?

Pourquoi, le 14 février 2013, personne n’a répété : Je suis Reeva Steenkamp?

Pourquoi, le 23 janvier 2014, personne n’a confirmé : Je suis Tricia Boisvert?

Pourquoi, le 11 mars 2014, personne n’a déclamé : Je suis Nohemi Alvarez?

Pourquoi, le 22 octobre 2014, personne n’a crié : Je suis Jenique Dalcourt?

Pourquoi personne ne se reconnaît en disant : Je suis une femme?

Lucie Poirier

L’intimidation et les commissions scolaires

Un quotidien montréalais révélait la semaine dernière que plusieurs commissions scolaires – en fait quatre sur cinq – refusaient de révéler les rapports sur la violence à l’école. Et ce, même si elles y sont tenues par la loi.

Un des arguments est : «Les plaintes qu’elles reçoivent contiennent des renseignements confidentiels.» Pourtant, plusieurs ont transmis lesdits rapports en toute transparence.

Comment se fait-il que les commissions récalcitrantes n’aient que pour prétexte de déclarer que le nombre d’incidents dénoncés se retrouve dans les rapports annuels? Si nous voulons mettre un frein à la violence (l’intimidation) faite aux enfants en milieu scolaire, ne serait-il pas pertinent d’avoir une volonté commune pour y arriver? Que tous les acteurs importants – le gouvernement, les commissions scolaires, les écoles, les directeurs, les enseignants et les parents s’impliquent davantage afin de contrer ce fléau qui peut prendre des proportions tragiques.

Encore une fois, la bureaucratie s’immisce dans un contexte où il y a une importance d’agir et de passer à l’action. Il est tout à fait inconcevable d’avoir des enfants qui subissent des blessures physiques et psychologiques dans des lieux où ils en sont aux balbutiements de leur vie en société.

Pierre Mc Nicoll, Montréal

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