Référendum populaire sur l’austérité

M. Couillard,

Depuis quelques mois, votre gouvernement entreprend des coupes innombrables dans les services publics, soi-disant au nom de l’atteinte du déficit zéro. Ces services sociaux représentent un héritage de la Révolution tranquille et ont permis la redistribution des richesses dans notre société. Malgré les grandes inégalités et les injustices qui persistent, ces services ont contribué à rendre la société québécoise plus égalitaire.

Au nom de l’équilibre budgétaire, votre gouvernement détruit ce modèle qui nous distingue en Amérique du Nord. Les mesures d’austérité ont été dénoncées par un grand nombre d’économistes de diverses allégeances. De plus, des exemples frappants nous démontrent l’inefficacité de ces mesures. Pensons à la Grèce, à l’Espagne et à l’Argentine dont les populations ont été gravement bouleversées par ces mesures. Les politiques d’austérité ont un objectif de plus grande ampleur que celui de l’atteinte du déficit zéro. En effet, la restructuration actuelle de l’État québécois s’inscrit dans une vision idéologique néolibérale, qui a pour but de réduire la taille de l’État et de laisser libre cours au marché, en favorisant la privatisation. Les seul-e-s à en profiter sont les plus riches de la société.

Depuis le début de l’année, de nombreux-ses travailleurs-euses, étudiant-e-s, chômeurs-euses et retraité-e-s se sont opposé-e-s aux mesures d’austérité. Une mobilisation sociale est en branle à l’échelle du Québec et devrait obliger un recul.
Toutefois, ce texte n’a pas pour objet principal de dénoncer ces mesures. Nous nous demandons d’où provient la légitimité qui vous accorde le droit de saboter l’ensemble de nos services publics, et cela, malgré votre mutisme à cet égard pendant la campagne électorale. Notre système de démocratie représentative a pour but d’élire un gouvernement mandataire de nos intérêts. Or, le démantèlement de nos services publics rencontre une vive opposition que vous refusez d’entendre. Depuis quelques mois, vous faites fi de votre devoir démocratique, vous méprisez les demandes et les critiques formulées par la population, en prétendant que l’austérité est une bonne chose. Nous soutenons qu’il est inacceptable qu’un gouvernement qui n’a eu l’appui que de 29 % de la population québécoise éligible à voter se permette de démanteler l’ensemble de nos programmes sociaux, en plus de contribuer à la destruction de l’environnement et des terres autochtones. Un programme d’une telle envergure aurait nécessité au minimum une consultation populaire et certainement une mention lors des dernières élections. Redéfinissons notre démocratie.

C’est pourquoi nous exigeons la tenue d’un référendum populaire sur la campagne d’austérité que vous menez actuellement. Ainsi, à la suite d’une réelle campagne d’information et d’un débat social sur le sujet, vous pourriez mesurer l’appui de la population. Vous auriez au moins la légitimité démocratique de détruire nos institutions et l’environnement.

Le conseil de grève du Cégep de Saint-Laurent

On ne badine pas avec le péché mortel

Au Québec, l’Église catholique n’a plus le pouvoir de censurer et d’excommunier, mais les sujets à l’index ont été remplacés par d’autres. Par exemple, toute évocation de la composition de la base électorale libérale à Montréal et dans sa région ou de ses effets structurels sur le processus électoral entraîne une damnation immédiate : même en cas de repentir sincère, pas de pardon. C’est pourquoi Pierre Karl Péladeau ira rejoindre Jacques Parizeau en enfer. Depuis 400 ans, c’est la tradition, on ne badine pas avec le péché mortel chez nous.

Pierre Lincourt

Aussi dans Courrier des lecteurs :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!