La pertinence de la rue

Alors que lundi, Miriam Fahmy, dans les lignes de ce journal, montrait toute la pertinence de la levée de boucliers des étudiants dans le contexte socioéconomique du Québec, Richard Martineau, du Journal de Montréal, clamait que prendre la rue devrait être fait seulement en dernier recours. Pourtant, c’est bien là où nous en sommes : le dernier recours.

Devant un gouvernement qui n’écoute plus ce que sa population dit, lorsque les décideurs mettent en œuvre des consultations publiques bidon, lorsque les élections se résument à voter pour «le moins pire des partis», il faut commencer à agir et à déranger pour changer les choses.

Historiquement, le rôle d’instigateur de ces actions «dérangeantes» a presque toujours été celui des jeunes et des étudiants : la crise de la conscription au Québec en 1917, la place Tian’anmen en 1989, les printemps arabes des dernières années et j’en passe. Depuis un siècle, ce sont les jeunes et les étudiants qui sont les premiers à agir et à subir les violences de l’autorité en place.

Prétendre que les troubles du Québec d’aujourd’hui sont moins importants que ce qu’ont vécu les Chinois des années 1980 ou les Arabes n’est que pur sophisme. Nous vivons une importante crise sociopolitique au Québec. Nous devons nous lever, agir et manifester notre mécontentement dans la rue.

Martin St-Denis

Pour ne plus avoir peur de nos pilotes

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai été passablement ébranlé par le destin des 150 passagers du vol de Germanwings qui s’est abîmé dans les Alpes françaises. Comment fonctionner si on ne peut même plus être sûr que le pilote de notre avion ne nous veut pas du mal? On est tellement vulnérable quand on prend un avion…

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai commencé à m’échiner sur une solution à ce nouveau «risque» de société. Comment empêcher ces situations? Comment empêcher qu’un humain malade se fasse confier le pilotage de nos avions commerciaux?

Puis il m’est apparu que ce n’était pas la bonne réflexion. Il ne s’agit pas d’essayer d’assurer que le pilote soit irréprochable en toutes circonstances. Il s’agit de ne pas donner les commandes d’un avion à son pilote en toutes circonstances.

De nos jours, nous avons le moyen de faire en sorte que nos machines préviennent les erreurs humaines. Que ce soit dans nos voitures ou dans nos avions, ces machines sont remplies de bidules technologiques qui complètent, et souvent remplacent, la prise de décision de l’humain qui les opèrent. Nos cieux sont remplis d’aéronefs sans pilote (les fameux drones). Google est en train de mettre au point la voiture sans conducteur. Pourquoi alors ne pas utiliser ces technologies pour empêcher un humain d’envoyer intentionnellement un avion dans une montagne? Ah!, me direz-vous.

L’humanité a depuis toujours voulu que l’humain ait le dernier mot sur le comportement d’une de ses machines. Très bien, mais je n’arrive absolument pas à trouver une situation pour laquelle le dénouement désiré serait que l’avion s’écrase. Alors, modifions les machines pour qu’elles refusent en toutes circonstances l’autodestruction! Ne laissons plus un humain «défectueux» – qu’il soit un terroriste, un dépressif ou tout autre individu mal intentionné –, ne laissons plus ces individus primer sur la capacité de ces machines à ne pas s’écraser.

Je ne sais pas pourquoi cette idée n’a pas déjà été suggérée et ne fait pas partie des considérations de nos institutions chargées d’organiser le transport aérien commercial (IATA).

Pierre Bergeron

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