Ahurissante mauvaise foi

Concernant Omar Khadr, la mauvaise foi des conservateurs est ahurissante, et lève le cœur. Le Canada a signé un protocole sur les enfants-soldats, stipulant qu’un combattant de moins de 18 ans n’est pas responsable de ses actes et ne peut donc en aucun cas être poursuivi. Le gouvernement reconnaît cette règle pour de jeunes combattants en Afrique, mais continue à la nier pour un jeune Canadien portant un nom musulman, qui a combattu en Afghanistan. Le Canada a contrevenu à ses propres engagements en s’obstinant à refuser le statut d’enfant-soldat à Omar Khadr, qui n’avait que 15 ans lors des faits qui lui sont reprochés.

Les conservateurs s’entêtent aussi, en dépit du bon sens, à considérer cet enfant-soldat comme un terroriste et non un combattant. Pourtant, c’est clair: quelqu’un qui fait exploser une bombe pour tuer des civils (comme lors de l’attentat du marathon de Boston) est un terroriste. Quelqu’un qui lance une grenade en zone de combat, comme l’a fait le jeune Khadr, est un combattant, point.

De plus, tout le monde sait qu’Omar Khadr, sur le conseil de ses avocats, a reconnu sa culpabilité, simplement pour ne pas moisir indéfiniment dans les geôles de Guantanamo. Les conservateurs font semblant de le prendre au mot en faisant un copié-collé de la rhétorique tordue des procureurs de l’armée américaine: il a avoué sa culpabilité, donc c’est la preuve que ce n’est pas un combattant, donc ce n’est pas un enfant-soldat, donc c’est un meurtrier qui doit croupir en prison. Pathétique!… – Christian Feuillette

Pour la liberté d’expression

À Marc Parent, Denis Coderre, David Burnbaum, Lise Thériault, Philippe Couillard et au Conseil municipal de Montréal,

Le soir du 1er mai, je me suis rendu à la manifestation contre l’austérité au centre-ville de Montréal. Je voulais exprimer ma solidarité contre la politique du gouvernement Couillard et aussi protéger mon enfant de la police par la même occasion.

Depuis que, en 2013, j’ai été frappé dans le dos par un policier anti-émeute, dont le dossier se trouve à la déontologie, je ne fais plus confiance à la police. Je sais que plus il y a du monde, plus on est protégé contre les attaques de la police. Ce soir-là, il y avait beaucoup de monde. Je me sentais en sécurité. Pourtant, la manifestation a été dispersée et gazée. La police a rapidement transformé le centre-ville de Mont­réal en un champ de bataille. Les témoignages de la brutalité policière sont nombreux.

Je vous assure que si les gens descendent dans les rues, il y a des raisons pour cela. Pourtant, il est bien possible de les faire taire. Deux tiers de ma vie, j’ai vécu en URSS et en Russie postsoviétique. Je sais très bien ce qu’est la peur de la police. Je sais très bien ce qu’est un État policier. Je sais très bien ce qu’est «la démocratie dirigée» […]. Je sais très bien le prix d’une telle «stabilité». L’obéissance devant toute autorité avait été tant martelée dans ma conscience que ça m’a pris plusieurs années, un fois au Québec, pour comprendre que l’autorité est contestable.

Ceux qui ouvertement s’opposent à vous dans les rues sont notre garantie de ne pas tomber dans ce piège. Nous devons les chérir et les encourager.

Or, je soupçonne que les actions du SPVM ont pour but d’intimider et de décourager la dissidence politique. Dans ce cas, vous avez bien réussi – depuis 2013, j’ai peur de participer aux manifestations, et mon enfant en a peur aussi. Chaque manifestation que je voudrais appuyer depuis des mois a été criminalisée et dispersée. Chaque. Je répète – CHAQUE. J’ai même peur de vous écrire. Je ne suis ni «extrémiste», ni «terroriste», ni «anarchiste», ni «capitaliste». Je suis citoyen. Point.

Je demande à la police québécoise de changer d’attitude et de protéger les manifestants au lieu de les criminaliser. Je vous rappelle que «les manifestants» sont des citoyens en train d’exercer leurs droits et de remplir leurs devoirs civiques.

Je vous demande, mesdames, messieurs, de rétablir la liberté de réunion et la liberté d’expression dans la ville de Montréal.

Je vous rappelle que vous êtes des salariés embauchés au service public et que vos salaires nous coûtent très cher. Si vous ne savez pas bien exécuter vos fonctions, changez d’emploi. – Alexandre Gorchkov

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