Bouchonnerie montréalaise

Cette lettre fait écho à l’article «Projet Montréal veut des solutions à la perte d’emplois dans la métropole» publié dans nos pages mardi.

Cet article donne l’impression que le chef Luc Ferrandez est soucieux de la création d’emplois, ce qui sous-entend une économie forte et dynamique ou à tout le moins le maintien des entreprises dans la ville; ce qui n’est malheureusement pas le cas. Car, sauf pour les salons de coiffure et de massage, force est de constater la fermeture de multiples commerces, qui résulte en un grand nombre de locaux commerciaux inoccupés depuis des années.

L’approche «villageoise» mise en place par M. Ferrandez et cie fait en sorte que Montréal est devenu une multitude de petits villages où les voies sont réduites et très étroites, afin de créer des pistes cyclables. Le tout fait en sorte que les automobilistes évitent de circuler dans la métropole; cela repousse ainsi les vrais consommateurs vers l’achat en banlieue et sur l’internet.

De plus, les bouchons occasionnés par les voies étroites et la circulation automobile en file indienne contribuent largement à polluer l’environnement, surtout lorsqu’on tient compte du fait que l’accélération répétée des autos à chaque départ produit trois fois plus de monoxyde de carbone.

En somme, tout le monde est perdant avec la vision de Projet Montréal. Les boutiques et divers commerces sont de moins en moins fréquentés, et encore moins par les cyclistes; les automobilistes, eux, ne savent plus quelle rue utiliser pour circuler à Montréal, compte tenu des rues à sens unique, parfois en sens inverse lorsqu’on change d’arrondissement, et ces pauvres cyclistes qui respirent de plus en plus d’air pollué en longeant ces rues dites partagées.

Le tout sans parler de ces «imbécycles» insouciants qui font du slalom entre les autos, qui ne respectent pas les règlements de la circulation et qui souvent roulent à vive allure sur les trottoirs; ils seraient mieux de se promener dans les ruelles.
En somme, «La fierté a déjà eu une ville»… mais maintenant c’est la «bouchonnerie» et tant pis pour les commerces… et les emplois.

Joseph Arthur

Djihad et code vestimentaire

Cette lettre réfère à l’article «Sur les pas des fiancées du djihad», publié dans nos pages la semaine dernière.

Je ne m’attarderai pas sur les chiffres présentés, ni sur l’avis d’Emily Dyer, présentée comme une spécialiste (elle prouve bien qu’elle ne l’est pas), mais mon intervention concerne un titre très choquant et surtout trompeur : «Le code vestimentaire des femmes, selon une interprétation rigoriste du coran».

D’abord, aucun code vestimentaire n’a été cité dans le coran ni pour les femmes ni pour les hommes. La seule directive était destinée aux femmes qui couvraient une partie de leurs cheveux et laissaient une partie de leur corps, sur les côtés entre les bras et le bassin, nue.

Ensuite, il n’y a que quatre interprétations du coran (les différences d’interprétation ne touchent pas le dogme), et aucune de ces interprétations ne parle des «5 points» que vous avez pris la peine d’évoquer. L’interprétation du coran n’est pas permise à toute personne, et pour en avoir la capacité et pouvoir le faire il faut avoir un doctorat en théologie islamique (option interprétation). Donc, se référer aux paroles et pratiques des leaders de l’EI, c’est leur accorder une légitimité religieuse qu’ils n’ont pas et c’est propager leurs idées d’obscurantisme qui vont à l’encore des principes fondamentaux de l’Islam (sur lesquels tous les courants sont d’accord).

Enfin, et c’est le plus grave de tout, l’article associe une photo d’une femme vêtue d’une burqa au titre. Ce type d’association laisse la mémoire visuelle active et associera pour très longtemps, si ce n’est pour toujours, cette tenue vestimentaire à l’Islam, alors qu’elle n’en fait pas partie ni de près ni de loin.

Si j’interviens sur ces points, c’est pour essayer de sauvegarder un climat de tolérance au sein de la société québécoise de toutes les confessions. De grâce, épargnez à cette société les fissures causées par des idées et des informations biaisées. Restons unis pour combattre le terrorisme et bâtir un Québec solide en cherchant ce qui nous rassemble et non ce qui nous sépare.

Naoufel Hajaiej, Conseiller de formation et imam prédicateur

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