Accessibilité à rabais

Monsieur Poëti,

Le milieu de défense des droits des personnes aînées, des personnes vivant avec des limitations fonctionnelles et des familles est préoccupé par des propos que vous avez tenus devant la Commission des transports et de l’environnement le 29 avril dernier.

En effet, vous avez mentionné : «Si je prends l’exemple des stations de métro, est-ce qu’il y a quelque chose entre 13 M$ pour un ascenseur et ce qu’on voit dans les domiciles privés des citoyens, qui vont évidemment adapter parfois un escalier avec un genre d’ascenseur où ils peuvent placer leur fauteuil roulant ou leur chaise mobile?» Sachez que pour nous, de prime abord, aucune solution connue autre que l’ascenseur ne répond au concept d’accessibilité universelle, principe que nous défendons.

Tout comme vous, nous souhaitons que les stations de métro deviennent accessibles le plus rapidement possible, mais pas au prix d’installations qui ne répondraient qu’à une partie des besoins de la population et qui ne permettraient pas, par exemple, aux touristes avec valises, aux personnes en situation de handicap temporaire, aux familles avec jeunes enfants et aux aînés d’utiliser le réseau plus facilement.

Rappelons que l’article 10 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne traite du droit à l’égalité et, en ce sens, que les ascenseurs ou autres équipements dans le métro devraient permettre à toute personne de les utiliser.

De plus, le Guide pratique pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de développement à l’intention des autorités organisatrices de transport, élaboré par votre propre ministère, stipule que «le MTQ propose aux AOT l’approche de l’accessibilité universelle. Il s’agit de travailler sur l’environnement au sens large, en recensant les obstacles rencontrés par les personnes ayant différentes déficiences, et en y apportant des solutions, de façon à favoriser une utilisation similaire des services par tous les usagers.» Le principe d’accessibilité universelle est à la base de nos actions, et nous revendiquons qu’il soit appliqué lorsqu’il est question de l’accessibilité du métro pour toute personne.

À propos de l’importance des ascenseurs et de l’accessibilité universelle, Serge Loiselle, qui est atteint de sclérose en plaques, nous donne l’exemple de l’appareil élévateur pour personnes handicapées de type Limited Use/Limited Application de l’AMT, à la gare Centrale, qu’il a de la difficulté à utiliser puisqu’il a des problèmes de dextérité : cet appareil l’oblige à maintenir enfoncé le bouton durant tout le trajet.
Ainsi, le milieu de défense des droits des personnes aînées, des personnes vivant avec des limitations fonctionnelles et des familles vous invite à un dialogue permettant d’ouvrir la voie à des solutions viables reposant sur le principe de l’accessibilité universelle en ce qui concerne les installations dans le métro de Montréal.

Monsieur le Ministre, nous n’accepterons pas l’accessibilité à rabais.

Laurence Parent, coadministratrice du groupe Facebook Transport mésadapté, Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ), et du Regroupement des organismes communautaires famille de Montréal (ROCFM)

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