Privatiser par procuration

Les gouvernements précédents ont par électoralisme tardé à réagir devant l’appétit gargantuesque de ce ministère accaparant la moitié du budget de l’État. Il fallait donc quelqu’un de culotté pour s’attaquer à ce problème hors de contrôle. Gaétan Barette était sûrement la personne toute qualifiée pour remplir le mandat! Le problème, c’est qu’on se retrouve souvent à devoir gérer les défauts de nos qualités.

Et c’est encore plus vrai avec les extrémistes. Les culottes gouvernementales semblent dans son cas s’accompagner d’une façon de faire autocratique et ne s’attardent pas aux méthodes reconnues pour favoriser une transition optimisée intégrative dans le cadre d’une réforme aussi profonde.

Je décèle dans la réforme actuelle une tendance vers la mise en place d’une privatisation insidieuse mais graduelle dans les services de santé québécois. Destruction des milieux de travail par un sous-financement chronique, retrait des avantages sociaux aux employés déjà débordés… Des façons de faire qui s’avèrent utiles pour «prouver» l’inefficacité et la désuétude du système de santé publique.

En guise d’exemple, le projet de loi 28 permet au gouvernement de limiter le remboursement du service de mise sous pilulier à un certain nombre de patients considérés comme faisant partie de clientèles fragiles. Les pharmaciens communautaires, limités à un honoraire professionnel fixé par le gouvernement, n’auront d’autre choix que de facturer ce service (et même plusieurs autres) pour arriver à clore leur budget. Ce sont donc les patients, souvent âgés et très malades, qui hériteront indirectement de la responsabilité de couvrir ces frais facturés.

Pourtant, l’augmentation des besoins de biens et de services a nécessairement profité à une partie de l’industrie! Le gouvernement doit le savoir, car il a déjà encadré sévèrement la pharmacie communautaire pour éviter le dérapage et les abus dans le domaine. Mais cette dernière est-elle vraiment la seule impliquée dans la chaîne de distribution pharmaceutique?
Qu’en est-il des bannières et des franchises qui interviennent avec leurs contrats auprès des pharmaciens propriétaires? Du cas des grossistes pharmaceutiques par qui transite la majorité des médicaments? Et des profitables compagnies pharmaceutiques qui vendent au Canada leurs médicaments au deuxième prix le plus élevé dans le monde? Force est de constater que d’habiles lobbyistes ont réussi à occulter leur présence lucrative aux yeux des attentions austères gouvernementales…

Il est facile de mettre ses culottes devant les plus petits de la cour d’école pour leur faire peur… Mais il est nettement plus courageux de le faire auprès des plus grands qui viennent voler le lunch des plus petits quand c’est le temps de manger, le midi…

Georges-Étienne Gagnon, pharmacien

Chronique d’un crime annoncé

J’ai récemment revu le film de science-fiction Rapport minoritaire, dans lequel on espionne les pensées des gens et on arrête ceux qui ont supposément pensé à commettre un crime. Au Canada, la GRC a effectué une série d’arrestations pour «perturber les intentions d’une dizaine de jeunes Mont­réalais» soupçonnés d’avoir voulu quitter le pays pour se joindre à des groupes djihadistes. On a retiré leur passeport à ces jeunes, sans porter d’accusation contre eux.

Je suis la première à être d’accord pour protéger notre jeunesse, mais retirer leur passeport à des personnes sans preuve de crime et sans accusation, c’est ouvrir la porte à tous les abus et dénis de justice…

M. Harper, on peut soupçonner tout le monde de quelque chose. Je refuse de vivre dans un pays que vous clamez «démocratique», mais où on peut m’arrêter pour de présumées intentions.

M. Harper, j’ai pensé à ne pas voter pour vous.

Serai-je bientôt arrêtée?

Ghislaine Jalbert

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