Le mépris

Il m’est difficile de ne pas penser au profond mépris du gouvernement conservateur de Stephen Harper envers ceux qu’ils considèrent comme ses ennemis sur une base purement idéologique.

Il y a eu, entre autres, le mépris exprimé envers ceux qui croient que le Canada doit être un acteur qui défend la paix sur la scène internationale et envers ceux qui font de la protection de l’environnement une priorité. Voilà maintenant que le gouvernement conservateur, en forçant l’adoption du projet de loi C-377, ajoute une autre pierre à son édifice du mépris. Celui envers les travailleurs et ceux qui les défendent : les syndicats.

L’histoire du projet de loi a été, depuis son dépôt en 2012, marquée par le mépris. Visant supposément à rendre les syndicats plus transparents, C-377 est en fait un copier-coller de la charge antisyndicale des républicains de George W. Bush en 2003 et dont les travailleurs américains paient maintenant le prix.

D’abord, ce projet de loi, demandé par les associations d’employeurs et les think tanks de droite grassement financés, était dans son essence un acte de mépris envers les syndicats. C-377 imposera à ces derniers des obligations très lourdes sous prétexte que les cotisations syndicales permettent aux travailleurs de bénéficier de crédits d’impôt. Mais les associations d’employeurs et les think tanks de droite ne seront pas visés, eux.

En passant par un obscur député d’arrière-ban pour déposer ce projet de loi, afin qu’il ne puisse être soumis au test normal de constitutionnalité et de respect de la charte, les conservateurs ont fait part de leur mépris pour les institutions parlementaires canadiennes. Le SPGQ a d’ailleurs mis en lumière, en commission sénatoriale, le fait que c’est le bureau de M. Harper qui dirigeait tout. En sous-évaluant scandaleusement les coûts exorbitants d’un tel système de contrôle à mettre en place par l’Agence du revenu du Canada, ce qui a été démontré par le directeur du budget parlementaire, ils montraient cette fois-ci leur mépris envers les contribuables, à qui ils tiennent pourtant un discours de «rigueur»…

En faisant fi des opinions de la presque totalité des constitutionnalistes, de l’Association du Barreau canadien et du Barreau du Québec, qui ont tous jugé ce projet de loi inconstitutionnel et illégal, le bureau de
M. Harper a clairement méprisé la communauté juridique canadienne. En ne se préoccupant pas des sept provinces représentant plus de 80 % de la population – dont l’Ontario, le Québec et l’Alberta – qui se sont opposées au projet de loi C-377, il a cette fois méprisé les gouvernements de ces provinces et les populations qui les ont élus.

Au cours de l’été 2013, Stephen Harpe a prorogé le parlement de façon à ce que disparaissent les amendements proposés par un sénateur conservateur, pour permettre au projet de revenir dans sa forme originale et l’adopter une fois le Sénat remis à sa main à coups de nominations partisanes.

Et le dernier viol démocratique aura été de changer les règles du Sénat en cassant même une décision du président conservateur… du Sénat! En bâillonnant les débats et en permettant l’adoption de C-377, au dernier moment, la veille de la fête du Canada et des départs en vacances quand l’attention est ailleurs, les conservateurs de M. Harper viennent compléter leur acte de mépris envers les travailleurs et ceux qui défendent leurs droits.
Nous ne pouvons rester les bras croisés devant cette attaque politique aussi sournoise, cachée, malveillante, illégale et, disons-le sur le plan des valeurs démocratiques, tout à fait méprisable!

Richard Perron, Président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)

L’amour existe encore

Le 26 juin 2015, la Cour suprême des États-Unis a reconnu aux couples de même sexe le droit de se marier. Cette décision représente une victoria pour la communauté LGBT et un pas en avant pour la société nord-américaine contre la discrimination.

Cependant, des représentants de différentes religions en ont profité pour dire que, selon la «parole de Dieu», les relations entre personnes du même sexe sont une abomination. Ce qui est une abomination, à mon avis, est d’utiliser Dieu pour nourrir la haine et l’homophobie. L’homosexualité n’est pas une maladie, personne n’est mort pour être homosexuel. Mais l’homophobie a tué beaucoup de personnes dans le monde. Dans les mains de certaines personnes, la «parole de Dieu» est une vraie arme de destruction massive. Heureusement, il y a de l’espoir. Eh oui, l’amour existe encore.

René Huacuja

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